vendredi 17 octobre 2014

Une histoire industrielle nivernaise, épisode 1/5 :1907-1918.: F. Meslé

      En 1908, Ferdinand Meslé Fils est  fabricant de matériel agricole  à Nevers. Il a succédé à son père, Ferdinand Meslé aîné, décédé en 1900. Depuis la fin du 19ème siècle l'entreprise familiale Meslé- Beauchet, originairement spécialisée dans la ferronnerie,  produit et commercialise une gamme de semoirs , herses et  épandeurs d'engrais . Il vient de confier à la Société des Ciments  Hennebique  un projet  pour un nouvel atelier  au sol entièrement bétonné.




     Va-t-il agrandir son atelier du 34 rue du Mouësse ? C'est peu probable: l'atelier actuel est à un angle de rues,  coincé entre les chaussées et un hôtel- restaurant très fréquenté.  Sa desserte est peu pratique et le voisinage peu favorable au bruit de  la ferraille qu'on y  travaille. Le risque d'être frappé d'alignement sur cette intersection avec une route nationale  ne doit pas non plus être négligé.*

      Ferdinand Meslé doit donc chercher de la place là où on pourra en trouver. Et justement....l' année précédente ( 1907) a eu lieu une  crue de Loire très importante, l’eau à atteint à Nevers 5,34 mais,  contrairement à  1846 , 1856 et 1866, .... la ville n'a pas été inondée. 
  La crue de 1866 avait emporté les défenses construites pour contrer  les effets de celles 1856, qui elle même  avait emporté celles construites depuis la crue de 1846 , qui,etc..   Les mesures prises depuis la crue précédente pour éviter la submersion de la ville et des berges ont montré une certaine efficacité. Suivant les préconisations de l'ingénieur Comoy,  on a préféré renforcer les protections et implanter des déversoirs  plutôt que de rétrécir encore  le lit et rehausser les ouvrages d'art existants . 

Les digues ont donc tenu et si certains secteurs- la Jonction, l'arrière de la levée de Médine -se sont retrouvés les pieds dans l'eau, c'est davantage par remontée des nappes phréatiques que par submersion.




    Nonobstant le fait qu’en 1907, l’eau était montée 1 m en dessous du niveau de 1866, l'Etat et la municipalité déclarent alors prestement  constructibles les terrains situés derrière les digues sur lesdeux rives du fleuve…
Rive gauche, le secteur de la Jonction, aménagé depuis 1860 derrière les digues de la Blanchisserie (au premier plan) et de la Jonction ( coté gauche du triangle) et adossé à celle, plus ancienne ,de Sermoise sera fini d’être cédé par l'Etat- qui était propriétaire des emprises du Canal- à la municipalité de Nevers en 1910.

      Et Ferdinand Meslé va (enfin) pouvoir transférer probablement en 1911 son usine de matériel agricole , au 4 quai de la Jonction, dans un bâtiment  de plus de 1000m2, à charpente en bois de chataigner posée sur des fondations en ciment. .

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   Ce batiment est vite agrandi par une construction en charpente métallique, visoble sur le cliché ci dessous, le batiment "historique" se trouvant au fond

Vers 1912. Ces bâtiments existent toujours. La cheminée n'a été démolie que dans les années 80...



 
  Les perspectives d' expansion de la société Meslé se briseront malheureusement sur les réalités économiques de la grande Guerre 1914-1918 .


  Effondrement des débouchés agricoles, réquisition des matières premières, remboursement des emprunts: les difficultés auront raison de la santé de  Ferdinand Meslé, qui devra vendre son entreprise en février 1918 à la maison Th. Pilter, un de ses concurrents..
 

F Meslé et Pilter au concours agricole de Lyon en  1907

   Mais ceci est une autre histoire...que nous vous raconterons prochainement.


* le 34 rue du Mouësse de nos jours...: ... ex-Pôle Emploi.

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