vendredi 5 octobre 2018

Bricheteau et les contagieux




  Le pavillon Bricheteau, dit aussi pavillon des contagieux est édifié en 1931  dans l'enceinte de l'hopital général  de Nevers, avenue Colbert  avec l'argent légué par Madame Bricheteau,  veuve d'un riche banquier  ( les Bricheteau de "Jacquinot et Bricheteau", longtemps la banque la plus importante de Nevers)
  Pour ce faire  l'enceinte hospitalière  doit être  agrandie vers l'est  en 1927 jusqu'à la rue du clos des Granges.

  Les plans  de l'édifice sont du docteur Jules Renault et  de l'architecte Georges, avec une ornementation  caractéristique alliant  pierre et brique.




 Comme nous le rappelle Jean-Michel D. (un de nos érudits nivernais préférés..)  Pendant la Guerre de 1939-45, il devient "Pavillon militaire".  Il est le lieu des exploits de Sr Thérèse Lotz, de la congrégation des Sœurs de Nevers. D'origine alsacienne, elle est désignée comme interprète entre l'hôpital et les autorités d'occupation. Après la déroute de 1940 discrètement soutenue par la direction et une part du personnel de l'hôpital, elle fera réformer environ 2000 soldats français prisonniers (la réforme valant libération). Durant l'occupation, de 1941 à 1944, elle réconforte les résistants blessés et hospitalisés, les détenus torturés par la Gestapo ; elle leur indique les filières (beaucoup disparaissent inexplicablement du "Pavillon militaire" sans laisser de trace) ; elle renseigne la Résistance et, en novembre 1943, elle est à l'origine de l'évasion en nombre menée à main armée par un maquis FTPF commandé par Roland Champenier. 
 Soeur Therèse Lotz bénéficie aussi de l'appui discret d'un médecin antinazi de la Feldkommandantur, le docteur Hail . Elle décède à l'hopital de Nevers en mars 1945 d'une appendicite foudroyante. 

 Le pavillon Bricheteau,  abrite  ensuite  le Service pédiatrie.

Le pavillon en 1999


 Lors de la démolition de l'ancien hôpital , le pavillon, qui présente un certain intérêt architectural, est conservé  dans l'attente d'une  future réhabilitation  (On parle en 2018 de le transformer en logements)



état en 2018


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