dimanche 5 janvier 2020

On a reçu çà.

Bonjour,

Meilleurs vœux pour 2020 et merci pour votre blog quotidien que je suis assidument. 

L'article d'aujourd'hui  (Evelyn) était passionnant et, comme toujours, parfaitement documenté et illustré. 
Je suis souvent bluffé par votre documentation, comme aujourd'hui par la photo du pilote - pas évident à trouver ( collection personnelle et Archives Départementales je suppose). 

J'imagine le temps que votre blog doit vous demander. La recherche historique est passionnante mais très chronophage. Merci pour le partage.
Je vous avais d'ailleurs déjà contacté lors de mes recherches sur Thieblemont. 
Pour ma part, je diffère toujours le lancement d'un blog sur le Morvan + ses photographes à la "belle époque".

Au fil des années, j'ai collecté quelques documents que je n'aurais pas le temps d'exploiter, surtout pour ceux qui sont loin de ma zone de prédilection (je me déplace mal et le Nivernais est bien loin du Morvan).
Si vous étiez en manque de sujets (ce dont je doute), où si vous avez besoin de plus d'illustrations, je pourrais vous faire passer quelques bonnes repros haute définition avec plaisir.

Bonne année à vous, à vos proches... et à votre blog.
Bien cordialement.
Alain

Evelyn




   Le 5 janvier 1934, un avion tournoyant  très bas est aperçu au dessus de Nevers, comme s'il cherchait  à se poser. On le voit  passer au dessus des Montapins et  de la gare , puis reprendre quelque altitude et  survoler Vauzelles. Le bruit de son moteur fait sortir  de chez eux les habitants des cités cheminotes du P.L.M.

    Brusquement , l'appareil plonge au dessus des arbres,  près de la route de Paris, et juste avant de toucher terre une explosion rententit : l'avion vient de toucher un  pylone électrique et prend immédiatement feu .
 Les curieux accourent.
    Tout à coup , les spectateurs massés autour  du brasier  voient en sortir un homme affolé qui hurle "Miss, Miss, quick, quick , Mademoiselle!".
     Des badauds, comprenant  qu'une passagère se trouve au milieu des flammes tentent  un sauvetage désespéré, mais il ne peuvent s'approcher de l'appareil en feu, et doivent empêcher le pilote de se jeter  inutilement dans le brasier.     

   L'avion, en l'espace de quelques minutes, n'est plus qu'un  amas de métal rougi. Le pilote est emmené, légèrement brulé à l'hôpital de Nevers et l'arrivée des pompiers permet d'éteindre l'incendie.  


 L'enquête menée après la catastrophe incrimine l'épais brouillard  qui recouvre une partie de la ville ce jour là.
 L'avion, un De Havilland  Gipsy de 85cv est parti d'Orly 2 heurs plus tôt, et doit  faire le plein à Nevers, sur l'aérodrome du Peuplier Seul, rive gauche de Loire.
 Les deux membres d'équipage  Geoffrey Ruddle, un anglais, et l'américaine  Evelyn Frost projettent de se rendre en Egypte, mais  ce jour là, ils ne parviennent pas à localiser la Loire, ni, par conséquent le  terrain d'aviation.




 A la recherche d'un autre endroit pour se poser près de la route Nevers-Paris , ils ne voient pas la ligne à haute tension qui  traverse la nationale et la heurtent de plein fouet.
 





 Evelyn G Frost venait d'une famille américaine . Lors de son séjour en France, qu'elle décrivait dans un texte titré " An American Girl flies in France" elle s'était consacrée à l'aviation.
Un an plus tard,  l'Aero-Club du Nivernais fait élever au bord de la route nationale (-> ICI)  un monument commémoratif de l'accident.
 La statue est  réalisée par Rosamund Frost, la soeur de la victime .qui, pendant plusieurs mois, installe son atelier  à l'intérieur de la chapelle Sainte-Marie à Nevers . Au vu se son état actuel, on a du mal à imaginer qu'en 1942, la Milice la met bas , en tant que manifestation potentielle de l'amitié Franco-Américaine, et qu'elle a été aussi victimes des  sorties de route d'automobiliste ayant raté l'intersection avec la Nationale 7. 







samedi 4 janvier 2020

Blaireau

Mais que fait donc ce blaireau
Perché tout là haut,
Sur la commode art déco ?
Mais, cher Géo, ce blaireau est un MONO.
En carton?   Ah!...chapeau!





vendredi 3 janvier 2020

Affinage

  Gabriel Idoux  nait à  Jargeau dans le Loiret en 1863 . Il est le premier de la famille à s'établir comme fromager en gros à Nevers , au 9 rue des Boucheries,  au début du XXème siècle



l'ancienne maison Idoux en 2019

    Pendant la guerre de 14-18 le fils ainé de Gabriel, Eugène , né en 1889 à Gien, est exempté de service militaire pour raisons physiques . Il  n'est pas envoyé au front et continue donc à s'occuper de l'affaire familiale, à laquelle il a été associé très tôt, tout en servant dans  un bataillon  de l'Intendance locale.



   Après la  guerre, Eugène Idoux  déménage à Dijon puis à Orléans . Il y ouvre un commerce de Biscuiterie-Confiserie.
  C'est son frère cadet Maurice, né en 1892,  et qui, lui, a combattu dans les tranchées,  qui reprend l'affaire après son mariage en 1920 avec Lucie Saron


 



   En 1932 , pour s'agrandir, et pouvoir affiner et stocker davantage de marchandises , les Idoux transfèrent leurs locaux au 15 rue Lafayette ( maintenant rue Saint Martin)  dans un ancien hôtel particulier  doté de grandes caves, dans lesquelles il font installer un système de réfrigération pour stocker du beurre et d'autres produits crémiers.  C'est le seul  équipement de ce genre à Nevers jusque dans les années 1950.



Les caves




  En 1939, lors de la mobilisation générale, les caves de la maison Idoux servent d'abri contre les attaques antiaériennes et logent les réservistes qui ne trouvent pas de place à la caserne Pittié 








    En 1966, Maurice Idoux prend sa retraite et laisse ses locaux commerciaux  à la famille Matchoro.
 Il continue à résider  rue Saint Martin jusqu'à son décès en 1985