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samedi 3 octobre 2026

Un américain à Coulanges

 

     Né près de Nevers en  1832, Jean Priot est instruit chez les Pères.  A 18 ans il déménage à Paris pour y faire son apprentissage comme tailleur. Une  de ses connaissances, émigrée à la Nouvelle-Orléans , le pousse à venir s’installer aux États-Unis. Mais une fois sur place, il n'y trouve pas de travail. Il choisit alors de partir pour Dallas au Texas et est  ainsi l’un des tout premiers à rejoindre la colonie fouriériste  de La Réunion. Toujours  faute de clientèle, il doit se reconvertir à l'agriculture. 
    Resté à Réunion jusqu’au début de la guerre de Sécession, Jean Priot est ensuite un employé rémunéré de l’armée confédérée. Il épouse Léontine Frichot,  la fille d’un autre colon fouriériste. A la fin de la guerre, , il s’installe avec son épouse à Dallas. Ils auront  quatre enfants, deux garçons morts en bas age, Ernest (mort à  vingt ans le en  1880), et Ernestine (décédée le en janvier 1937).
   A la fin des années 1860, Jean Priot associé avec la famille  de son beau père monte une briqueterie. Tous adhérèrent à la section française n° 46 de l’AIT   (l'Association internationale des travailleurs, nom officiel de la Première Internationale), le nom de J. Priot apparait dans la liste de ceux qui versèrent leur contribution à la caisse des grévistes du Nord de la France en 1872. 
 
  Jean Priot construisit plus tard sa propre briquèterie à Dallas . Exproprié et indemnisé, il se réinstalle au croisement de Flora street et Allen street. Il cesse ses activités en 1882, six ans après le décès de sa femme, en août 1876. En 1884, à l'age de 52 ans Jean Priot liquide une partie de ses avoirs à Dallas, et repart en France où il se fait construire cette villa de style particulier au Pont-Patin, à Coulanges-les-Nevers, tout à côté de son lieu de naissance. 

état en 2025







 



   Il y réside de 1886 à 1906, cultivant un verger et produisant son vin. Il retourne quatre fois aux États-Unis durant cette période et, en 1906, il choisit de se réinstaller définitivement au Texas . Décédé le 9 septembre 1908, il est inhumé aux côtés de son épouse au Greenwood Cemetery de Dallas.




Partie de la façade qui aurait  été exposée en 1900 à l'exposition de Paris


samedi 4 avril 2026

Juan de Garchizy




   Jean Laurent -ou Juan Laurent Minier- est né le 23 juillet 1816 à Garchizy. 
   Il est considéré comme l’un des plus importants photographes espagnols du XIXe siècle.
  Il semble s'être installé à Madrid dès 1843,et jusqu'en 1855, il travaille comme artisan du carton, fabriquant de luxueuses boîtes à gâteaux (il a épousé à Madrid la veuve d'un pâtissier)  et des papiers marbrés pour la reliure. La même année, il se découvre une passion pour la photographie, le tirage couleur sur papier et ses progrès techniques de l'époque, qu'il finit par maîtriser. L'année suivante, il installa son studio photographique au numéro 39 de la Carrera de San Gerónimo à Madrid  et y commence sa carrière de photographe professionnel.







Caricature de Juan Laurent


  De 1861 à 1868, il reçoit le titre de "Photographe de Sa Majesté la Reine". 
  Mais il n’est pas que le portraitiste attitré de la haute société madrilène. 

Juan Prim y Prats (1814-1870), comte de Reus,
marquis de Los Castillejos et vicomte de Bruch.



    A partir de 1861, il est chargé de photographier les tableaux exposés au musée du Prado.

Charles Quint, musée du Pado


   Il parcourt l’Espagne  visite Tolède, Séville, Salamanque, Ségovie... mais aussi le Portugal en 1869. 
 Il en ramène des clichés qu’il met en vente sur catalogue. Laurent est connu pour suivre au plus près l'évolution technique de la photographie du XIXe siècle. La plupart de ses plaques photographiques sont issues du procédé au collodion humide. Il utilise le chemin de fer pour ses voyages à travers la péninsule Ibérique et emploie  une petite voiture, véritable « laboratoire mobile », où il prépare et développe ses plaques de verre .












    En 1868 il ouvre une succursale à Paris. Elle est située  d'abord  au 27, puis au 90 de la rue Richelieu et enfin 7, rue Drouot. Cette succursale n’est pas un atelier mais le lieu de commercialisation des photographies faites dans la péninsule ibérique. De cette oeuvre importante, des milliers d’épreuves sont entreposées dans les institutions culturelles espagnoles. Le travail de photographe de Juan Laurent a fait l’objet de plusieurs rétrospectives dont une, en 2011, à la National Gallery of Art de Washington. 
   Jean Laurent  décède à Madrid le 24 novembre 1886 et il est inhumé  au cimetière de l'Almudena, alors appelé cimetière de l'Est. Sur sa tombe son nom, aujourd'hui illisible, était gravé en espagnol : Juan.

dimanche 27 novembre 2022

Un drone pour Noël.




     Maurice Coudray est né en 1905, à Veaugues dans le Cher, où son père tient la pharmacie du village.
     Ses études l'emmènent jusqu'à l'école d'ingénieurs des Arts et Métiers, mais il n'est pas réellement fixé sur l'orientation à donner à sa carrière  Sa mère, qui l'a vu très jeune bricoler des maquettes avec les morceaux  d'une épave d'avion, lui suggère alors de fabriquer des jouets. 

    En 1928, Maurice Coudray présente donc au concours Lépine, un nouveau modèle de gyroplane, c'est à dire d'un jouet figurant un avion en métal léger ( en général de l'aluminium ) actionné par un gyroscope lancé par une ficelle  et qui va tourner lentement grâce à la force centrifuge.  Coudray a perfectionné le système de lancement, le roulement de l'avion et la rotation de l'hélice, allant jusqu'à imiter le ronronnement  du moteur...  

Gyroplane  sur la base de l' Oiseau Bleu, l'avion de Mermoz


la toupie gyroscopique






   Maurice Coudray récolte un prix à ce concours  et crée aussitôt sa marque : Mécavion. « Imitation parfaite d'un avion en vol », vante la « réclame » sur le couvercle du coffret. Il s'installe quelque temps à Pouilly-sur-Loire puis déménage la production à Fourchambault. De nouveaux jouets sont mis sur le marché : des avions en fer à monter soi-même.   Avec leur moteur à ressort spécial Mécavion, ils  donnent  l'impression d'un appareil au décollage 




moteur Mécavion vu de dessous


  Chez Mécavion, on peut faire son choix  dans toute une gamme, depuis  le grand modèle - et son manuel d'instruction de trente-deux pages  destiné aux dix-huit modèles de la marque - jusqu'au « Mécavion Baby »   

collection personnelle




  Les années 1930  marquent l'apogée de la marque qui emploie jusqu'à une quarantaine de salariés et produit environ 40 000 jouets par an.  Pendant la seconde guerre mondiale, la production se poursuit, mais à très faible cadence , aluminium et clientèle se faisant rares, l'entreprise survit en se reconvertissant dans la cartonnerie et l'emballage.
 
 Après la guerre, Maurice Coudray déménage à Arsonval dans l'Aube, il monte une seconde usine à Amboise. L'aventure de la marque se poursuivra jusqu'en 1961... l'avion en métal succombant alors aux assauts de son petit frère en matière plastique.
 

samedi 15 octobre 2022

Courses à Cercy-la Tour

 



    L’hippodrome de Cercy-la-Tour, créé en 1866 par la Société des Courses de Cercy la Tour près du domaine de Coulonges, comprend une piste de 1600m, dont deux lignes droites de 600m .On y élève une tribune couverte, ornée de feuillages et de drapeaux, d'une capacité de  300 places  et des estrades latérales . Avant son ouverture, des courses ont déjà eu lieu... dans un pré simplement équipé de quelques poteaux. Les courses ont principalement pour objectif de promouvoir les élevages régionaux et permettre de mieux vendre les chevaux lors des meetings qui ont lieu en général début septembre. Le tout est copieusement subventionné par le Conseil Général.

  En 1903, on y établit un Pari Mutuel.

   Durant la Seconde guerre mondiale, les Allemands réquisitionnent tous les chevaux, sauf ceux qui courent sur un hippodrome  (pour des raisons de sécurité pour leurs cavaliers en temps de conflit, sans doute). Sachant cela, Jean Adenot et un de ses amis, Guy de Martimprey, ont  l’idée de faire courir le plus de chevaux possible de la Nièvre et du nord de l’Allier voisin. 
   Les éleveurs amènent donc leurs juments poulinières sur l' hippodrome de Cercy-la-Tour, ainsi que sur ceux de Decize et Nevers. Pendant qu'on garde les poulains, des cavaliers  font faire aux juments un tour de piste en course... Elles ont donc  de fait  couru officiellement sur un hippodrome ! C’est ainsi que toutes les souches de chevaux principalement demi-sang locaux  (et de quelques pur-sang) évitent la réquisition et restent dans les élevages de la Nièvre,



  La dernière course y a lieu en 1976, les frais d'entretien et de rénovation du vieux champ de courses n'étant plus supportables et les subventions revues drastiquement à la baisse. Le "Prix de Cercy la Tour" est alors délocalisé sur l'hippodrome de Paray le Monial. 

samedi 3 avril 2021

Eustache, épouse Le Mallier




  Le 1er Aout 1934 parait dans la rubrique mondaine du  Figaro l'article suivant:

 "En l'église de Marzy (Nièvre), a été célébré, le 25 juillet,( ndr: le jour de la Saint -Christophe) le mariage de M. Maurice Le Mallier, fils ,de M. André Le Mallier, ministre plénipotentiaire, officier de la Légion d'honneur, et de Mme André Le Mallier, née Duval, 'avec Mlle Denise Eustache, fille.de.M. Robert Eustache et de Madame. née Crawshay. La bénédiction nuptiale a été donnée aux jeunes époux par l'abbé Masson, curé de la paroisse, qui a prononcé une très belle allocution. Les témoins étaient, pour la mariée, Mme William Saint-Clair, sa tante, et M. Henri Talabot, son cousin. Pour le marié la marquise de Roquefeuil et le lieutenant-colonel Horace Piaggio, officier de la Légion d'honneur, croix de guerre. Une très brillante réception eut lieu au château de Chasnay, après la cérémonie religieuse."

  Les Le Mallier, qui ont aujourd'hui une place et une salle du musée municipal de Marzy  à leur nom, deviennent par cette alliance  propriétaires de château de Chasnay.  (Denise Eustache est une descendante des Dufaud, anciens propriétaires  des aciéries de Fourchambault). Le marié a 30 ans, il  est "artiste peintre".

illustration de Maurice Le Mallier pour une revue mondaine en 1930



    C'est semble-t-il  en fait un fils-à-papa oisif qui, bien aidé par la fortune familiale,  trafique plus ou moins dans les  mondanités parisiennes, tandis que sa femme  reste à Marzy . Il n'a pas laissé d'oeuvre  notable à la postérité.. .    

1935 , la Renault Nerva 8 cylindres  du fils Le Mallier.


   Il a par contre été le protagoniste de deux affaires judiciaires notables. 

  Le 4 février  1938 , un bijou constitué d'une grosse émeraude de 140 carats entourée de dix-huit rubis et brillants, et valant près de deux millions  de francs de l'époque disparait de l'hôtel particulier de  la  comtesse  de Merschoff. La pièce  a appartenu au duc de Brunswick et la comtesse de Merschoff , une ancienne  dame d'honneur de l'impératrice Alexandra de Russie,  le considère comme un  porte-bonheur. —   La comtesse est âgée de plus de quatre-vingt-dix ans, et elle tombe malade . Pour faciliter sa guérison, elle fait placer  l'émeraude porte-bonheur sur sa table de chevet. Mais le 4 février le bijou s'est envolé ! Victime à la fois de la maladie et du choc émotionnel, la  vieille dame décède....
  L'enquête de Police ne traine pas.  Au bout d'une semaine on arrête la dame de compagnie de la comtesse,  Mme Florine Francken, 29 ans,  qui reconnait  le vol. Elle déclare avoir immédiatement confié le joyaux  à notre ami peintre  Maurice Le Mallier,  à qui elle a déjà servi de modèle... et peut être même plus. Le lendemain,  Le Mallier  s'envole pour Londres , où il liquide sept des brillants et trois  rubis chez un bijoutier de la City  pour  115 livres . Le Mallier   est appréhendé à Paris et, sur ses indications,  les autres pierres, dont la fameuse émeraude, sont découvertes au domicile pârisien de ses parents, 79, avenue de Villiers dans le 17ème arrondissement, cachées sous une pendule,.  Le Mallier restitue  les 115 livres. Il explique  que son amie Florine Francken,  se disant  la filleule de la comtesse, lui a confié le joyau pour le vendre..  
 
 L'affaire est jugée  devant  la 8ème  chambre correctionnelle, pour vol et recel.

 Florine Francken  continue à déclarer devant le tribunal qu'elle n'avait jamais eu en sa possession l'émeraude. -Pourquoi avez-vous caché cette émeraude dans une pendulette ? demande le président  à Le Mallier.  C'était, répond le peintre, pour ne pas compromettre Florine quand j'ai compris qu'elle avait dérobé le bijou.
 Marié et père de famille, Maurice Le Mallier, artiste peintre, possède une confortable aisance financière.  Il connait Florine depuis plus de 15 ans. Selon les parents Le Mallier, celle-ci ne cesse de lui demander de l'argent et, plusieurs fois, ses exigences auraient poussé le peintre à des crises de désespoir, qui laissent croire à ses proches  qu'il va attenter à sa vie. Il vit, assure sa famille, dans une crainte continuelle de cette femme qu'il ne veut  pas abandonner, et que, par pure  bonté d' âme, il a régulièrement sauvée  de situations délicates.
   Après réquisitoire et plaidoiries, le président  Roux rend son  jugement:  le vol du pendentif a été commis par Mme Francken, qui, cependant, en raison de son état de santé  (elle est connue pour son comportement  très excentrique et certains doutent même de son intégrité mentale)  et de sa détention, a droit aux circonstances atténuantes . Florine Francken est condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis et 100 francs d'amende. Le Mallier -fils de bonne famille- est acquitté, on considère  qu'il a de bonne foi cru  l'histoire de Mme Francken.
  Aux héritiers de la Comtesse , parties civiles, on rend  l'émeraude et les 115 livres provenant de la vente des diamants, plus 8.000 francs de dommages-intérêts.

 La deuxième affaire, celle de 1944, est plus tragique
  En pleine guerre, le père Le Mallier, 71, ans, ancien fonctionnaire et ambassadeur, notamment en Amérique du Sud, officier de la légion d'honneur,  doit passer devant le tribunal correctionnel pour une affaire d'attentat aux  moeurs. Malgré toutes les démarches , les jeux d'influence, et les dénégations de l'intéressé,  l'affaire ne peut être étouffée. C'est le déshonneur qui attend toute cette famille respectable de la bourgeoisie locale. 

   On tient donc un conseil de famille avec l'ex-ambassadeur pour décider de la conduite à tenir. La conclusion tombe: pour échapper au procès, M. Le Mallier père doit se suicider. Le jour prévu, le 4 avril 1944, M. le Mallier père et son fils Maurice, dont le public  se souvient encore à cause de l'histoire de l'émeraude volée, se rendent dans une ferme du parc de leur manoir de Chasnay à Marzy . Le père, revolver en main, fait ses adieux à son fils, et pénètre dans un bosquet revolver à la main. A peu de distance, le fils doit attendre le coup de feu salvateur.

le chateau du Chasnay au milieu du XXème siècle

  Quelques heures plus tard les gendarmes de Fourchambault sont alertés: dans un fourré du parc du Chasnay,  on a trouvé le corps  de M. le ministre plénipotentiaire Le Mallier,  L'adjudant de service fait les constatations préliminaires: le corps à reçu au moins deux balles et  l'arme est introuvable. Puis le juge d'instruction Fonvielle , du parquet de Nevers, au vu de l'importance du défunt, dépêche sur place le capitaine de Gendarmerie Pierre et  deux médecins qui examinent le corps. Et là, les  praticiens sont formels: la position et le nombre des  balles est incompatible avec un suicide.   M. Le Mallier père ne s'est pas tué, on l'a tué. On interroge alors le fils, qui semble avoir été le seul présent à proximité des lieux. Il affirme d'abord qu'il n'a rien à voir avec la mort de son père, puis, devant l'insistance des gendarmes,  finit par déclarer en substance : « Mon père, pour éviter le déshonneur dans la famille, voulait se tuer, mais il ne put y parvenir malgré deux essais, par suite du mauvais fonctionnement du revolver, ou de son état nerveux . Il m'a prié de lui rendre le service de le tuer et je lui ai obéi. » au moment d'être emmené, Maurice le Mallier tente de s'empoisonner avec des capsules de gardénal, et doit être emmené  à l'hôpital de Nevers.
 Jugé en cours d'assises à Nevers, Maurice le Mallier est condamné à 5 ans de prison .
 Le jugement ayant été cassé,  il est rejugé par la cour d'assises de Bourges en 1945, qui confirme la sentence. Il est libéré fin 1948.

jeudi 25 mars 2021

Le cut-off de Nevers.

   En 1917 Nevers  est  une zone stratégique sur l'axe entre les lieux de débarquement  et le front, et s'apprête  à supporter un important trafic de troupes et surtout de matériel made in USA. Mais la configuration nord-sud de la gare de Nevers n'est pas compatible avec le transit  ouest-est  de centaines de trains. 
  Fin 1917 - les Américains anticipent alors  au moins deux ans de conflit- le Génie américain va donc se résoudre à construire  une déviation, un "cut-off", à partir de  juin 1918. La construction représente 8,850 km de déviation entre le Pont Carreau, à Challuy, et Saint-Éloi, sur la rive droite de la Loire. Elle inclut un pont sur le canal latéral à la Loire (65m), un autre au-dessus de la ligne de chemin de fer de Saincaize (37m) et , le plus spectaculaire, un pont de bois à double voie long de 427 mètres pour traverser  la Loire et rejoindre Saint Eloi, surnommé "le pont des Américains". Pour ce travail titanesque pour l'époque   4000 à 5000 hommes seront nécessaires  ( d'après une estimation de  Jean-François Jondeau, de l'association la Sermoisienne interviewé en 2017 par le JDC ), dont une part de travailleurs italiens sous contrat avec l'armée américaine.

 Le "cut-off" est prêt le 20 octobre,..22 jours avant l'armistice du 11 novembre suivant … L'exploitation  se poursuit jusqu'au 12 août 1919,  notamment pour rapatrier les troupes du front.  735 trains vont tout de même emprunter  cet itinéraire jusqu'au 12 août 1919.
  Le démontage de l'ouvrage durera jusqu'en 1925,...bien plus longtemps que sa construction!

  En voici quelques clichés inédits, dénichés dans les Archives Nationales des USA..

  Enjoy!


 









ouvriers italiens à l'oeuvre


Entre  les repères temps 0'40"et 2', de   CE FILM D'EPOQUE on peut voir les Italiens  extrayant du ballast du lit de la Loire , puis dans leurs baraquements à Sermoise.



 

..Sur ce film (cliquez) également déniché dans les Archives américaines, entre les minutes 4 et 7  on fait même un petit tour sur la voie du cut-off! Le reste du film, même s'il est tourné un peu partout  en France,  montre bien les techniques employées.


samedi 27 février 2021

On refait le pont de Mornay

 


Pont de Mornay , 1936




Le 17 novembre 1934  un camion des transports Walter, de Reims chargé de pneus et faisant la route de Sancoins à Saint-Pierre-le-Moutier s'engage de nuit sur le vieux  pont de Mornay. pour traverser l'Allier.

 Depuis une succession d'accidents  les années précédentes,  l'ouvrage est interdit à la circulation des  poids lourds de plus de 2 tonnes 5, mais la signalisation n'est pas suffisamment lisible la nuit . Sous le poids des 13 tonnes du camion, la première travée du pont s'effondre sur une longueur de 15 mètres et le véhicule tombe dans la rivière. Le conducteur  est heureusement indemne.

  Un nouveau pont  est  lancé  au même emplacement par la Société de Construction Métallique de la Corrèze à Larche (SCMCL),  avec une travée centrale de 79 m et deux travées latérales de 64 et 67m de portée. Il est inauguré en Aout 1936.

samedi 4 juillet 2020

Castel des vacances






  Entre 1947 et 1965, la branche "Famille "de la Sécurité Sociale consacre une place importante à l'aide  au départ en vacances des enfants et des familles.
 Le "Castel Nivernais " accueille à Cheray, dans l'ile d'Oléron,  des enfants envoyés par la Caisse d'Allocations Familiales  de la Nièvre .
 Le Castel Nivernais  est une "colonie  sanitaire temporaire" , c'est à dire , selon les textes: "un établissement  qui reçoit des enfants physiquement déficients dont l'état peut être amélioré par un simple séjour en plein air, également au cours des vacances, mais sous réserve que ce séjour s'effectue dans des conditions particulières de confort et de surveillance médicale (enfants chétifs présentant une taille et un poids inférieur de 10% aux chiffres moyens de leur âge – enfants ayant fait antérieurement un séjour en préventorium ou aérium et dont l'état général demeure déficient – convalescents, à l'exclusion de ceux qui sont justiciables d'un séjour en préventorium ou aérium – enfants souffrant d'affections caractérisées (asthmatiques, neuroarthritiques, etc.) "


les enfants à l'heure du bain... ils ne sont effectivement pas bien gras


 Au sortir de la  guerre, sur l'ile d'Oléron comme ailleurs, des manoirs, des châteaux, des domaines et des fermes, sont bradés. Il sont  souvent dans un piètre état, mais  où on peut  poser des lits de camp à tous les étages : les enfants ne venant que l'été, le confort peut rester spartiate.


la colonie dans les années 50: c'est un ensemble de batiments agricoles reconvertis





l'infirmerie construite  en 1949 est, elle,  de bonne taille...









Les "Aiglons du Castel"en  1947,  équipe de foot de la colonie nivernaise.

 Cet année -là , malgré un physique pas au top,l'équipe bat ses homologues de  Bobigny la "communiste".

Match aller 2-1 , Match retour 1-0 





mercredi 17 juin 2020

Pont 1940


   Le 16 juin 1940, à la Charité  les armées françaises battent en retraite.

  Le pont de la Charité est encore tenu par une compagnie de tirailleurs marocains, plusieurs éléments des Régiments Régionaux et trois blindés Renault.


 Devant les troupes allemandes ont fui les populations des zones envahies,
 D'impressionnantes files  de voitures sombres, immatriculées  avec des numéros rouges sur fond blanc,  se dirigent vers la Loire, venant du Nord par la RN 77 (Sedan-Nevers) puis la 151 à partir de Auxerre, pour passer le fleuve à La Charité, ou  à Nevers  en direction du sud.  notamment les Belges  arrivant en masse.   La Croix Rouge  tente tant bien que mal de les accueillir et de les guider, la France ayant préparé des fléchages et organisé des centres d’accueil pour Belges et Luxembourgeois. On en voit une illustration  sur le pylône).














  Le Lieutenant-colonel de Sansal, qui dirige les troupes françaises, fait sauter le pont à 18.00 heures,  et se replie pour organiser la défense sur le pont du canal latéral.   





  A peine arrivées, les troupes du Génie de l'occupant mettent en place une passerelle provisoire en bois pour continuer leur progression. (les fantassins et motocycles peuvent franchir le pont dès le lendemain)





   Sur le parapet la plaque Route Bleue est là, qui guide toujours les touristes vers la Côte d'Azur , comme  si elle attendait le retour de jours meilleurs.