samedi 31 mars 2018

Cosne sur canal


   Jean-Baptiste Amelot (1674-1742), ingénieur des Ponts-et-Chaussées, imagine  vers 1700 le projet d’un canal de la Loire à l’Yonne, empruntant  le cours du Nohain, à partir de Cosne.
 Cette voie doit permettre de transférer des marchandises qui descendent le cours de la Loire vers le bassin de la Seine et Paris, d’y acheminer les productions du Nivernais ,  notamment des bois  à destination de Paris dont l'approvisionnement est contraint par le système de flottage  à buches perdues dans le Morvan , ainsi que d'offrir de nouveaux débouchés aux productions métallurgiques locales .

   L'idée est d’utiliser sur 45 kms la vallée du Nohain et sa  pente douce et régulière  en passant de Cosne à Donzy,  puis par Entrains (orthographié Antrin ou Antrain sur les cartes ci dessous) où la rivière  prend sa source , et où Amelot est d'ailleurs propriétaire d'une terre.

   La seule difficulté reste alors le franchissement du seuil qui sépare cette vallée du Nohain du village d’Etais-la-Sauvin, pour, en continuant vers l'Est,  rejoindre le cours du ruisseau d'Andryes,  qui   se jette dans l’Yonne à Surgy.

Les étangs d'Entrains devant alimenter les biefs du canal


   Avec l’appui du maréchal d’Estrées, Amiral,  Gouverneur de Nantes et Vice-Roi d’Amérique, Amelot obtient des lettres patentes pour la création de la société du canal le 27 juin 1719.

  Le projet est aussitôt attaqué par le parti du duc Philippe d'Orléans. Ce dernier se trouve être  Régent du Royaume au moment où  le projet est examiné. Il voit en ce  canal  un  concurrent direct de ceux de Briare et d’Orléans , dont il tire  lui même  des  revenus .. et surtout du canal du Loing, alors en construction ,mais qu'il lui faut en attendant financer . Le duc d'Orléans  parvient à empêcher  l'enregistrement des lettres patentes par le Parlement , ce qui leur aurait donné force de loi.

 S'en suivent 23 ans de débats techniques et judiciaires, qui  bloquent tout les travaux.

carte utilisée lors des procès

le tracé du canal



  En 1742 le  Conseil du Roi, finit par « faire défense aux promoteurs du projet de construire le canal de Cosne, ni de troubler directement ou indirectement M. le duc d’Orléans… » ( il s'agit là de Louis d'Orléans, fils du Régent, lequel est mort en 1723).  Amelot, ruiné, meurt, laissant à sa femme des plans et des dettes.

    Le dossier ressort  épisodiquement sous diverses formes  en 1747, 1766 et 1784.... On  réalise au passage que pour en exploiter tous les avantages, il faudrait aussi canaliser l'Yonne en aval de  Clamecy (ce  qui sera réalisé bien plus tard par le prolongement du Canal du Nivernais.)

   Les héritiers d'Amelot  réactivent le projet  à la Révolution . Plus de Grand du Royaume pour s'opposer à leur demande,  mais le dossier achoppe de nouveau sur la nécessité de préserver l’activité des nombreux moulins à eau  du val de Nohain  et de ne pas mettre potentiellement en danger la navigabilité de l’Yonne jusqu’à Auxerre .   (Le canal du Nivernais ne sera achevé que vers 1840.)

 Même le redouté Fouché  -alors représentant du peuple dans la Nièvre-  qui ordonne par un arrêté d'Août 1793  l'ouverture du canal  selon un nouveau tracé  Cosne- Clamecy  en suivant  le Nohain, puis le ruisseau de Corbelin  et le Sauzay,  via Corvol-L’Orgueilleux,  ne convaincra pas les opposants de tout poil.
 

   En 1829 , Dupuis de Torcy et Buisson, deux ingénieurs des Ponts et Chaussées, reprennent l'idée,  et la prolongent jusqu'au canal latéral à la Loire.




   Ce plan n'a pas plus d'effectivité que les précédents .
   Rétrospectivement , l'intérêt  d'un tel ouvrage aurait été de courte durée,  le déclin du bois de chauffage et celui de la petite industrie métallurgique étant  déjà engagé, et le canal du Nivernais reliant Loire et Seine  en construction.
 Fin de l'histoire ? Pas tout à fait : au tournant des 19ème et  20ème siècles, l'idée de voies navigables aidant au développement de la région refait surface, et en 1907 le projet d' Amelot est encore évoquée comme une alternative possible...avant de sombrer définitivement  dans l'oubli .






 De canal de Cosne,  il n'y eu point....

vendredi 30 mars 2018

Je suis tombée par terre



 La  rue des Orfèvres  commençait approximativement au niveau de la place saint Sébastien  finissait  à la place de la Revenderie,  devenue place Mancini. Elle portait parfois le nom de rue de la Revenderie car il s'y tenait un marché.  (sans rapport avec l' actuelle rue de la Revenderie qui a rpris ce nom plus tard )
 En 1877, un arrêté municipal   ordonne que cette rue ,ainsi que le bas de la place Saint-Sébastien,  la place Mancini et l'ancienne rue Impériale (prolongement  de cette rue jusqu'au quai de Loire)  feront partie de la rue du Commerce dont les maisons sont renumérotées.

 Cette plaque se trouve sur la sol de l'ancien débouché de la rue, place Mancini, c'est à dire ici.

jeudi 29 mars 2018

Petite crue 1902

 A Decize,  inondations de la Loire et de l’Aron des 29, 30, 31 mars, 1er, 2, et 3 avril 1902.

Pendant ces six jours,  Loire et  Aron restent à la hauteur de 4 mètres à 4,50 mètres. (à comparer avec les 5 mètres 25  de la crue d'octobre 1907)



mercredi 28 mars 2018

Ciné du siècle.

 Dans les années 1905-1910, un cinéma ambulant , doublé d'un studio photo s'établit sur la place du Marché à Cercy la Tour




  Henri Thiéblemont  né en 1864,est  graveur lithographe de formation. Il a été formé  à la technique originale Joly-Normandin . Il n'est pas certain par contre  que ce procédé de cinéma parlant  au succès limité ait été appliqué  dans son installation
 Dans les années 20-30, Thiéblemont, agé,  abandonne sa baraque de cinéma ambulant et son studio photo pour reprendre le café-restaurant du Siècle , avenue de la Gare. Sa grande salle à l'arrière  permet d'organiser toutes sortes de spectacles et de festivités.

  C'est apparemment le seul exemple d'une activité cinématographique dans le bourg de Cercy la Tour, concurrencé par le cinéma de la toute proche Decize.



e

à Gauche le café du siècle  dans les années 50.

Café du Siècle de nos jours





lundi 26 mars 2018

Fourchambault 18 ème


 
    Au XVIIIème siècle, à Fourchambaux (orthographe d'époque) il n'y a .... presque rien. Ni cité , ni pont, ni usines ni canal ni digues...juste un corps de ferme et un moulin à vent.

   

dimanche 25 mars 2018

C'est la tuile

 A  Plagny   une ancienne sucrerie, fondée par Bernard, Lequime et Harpigny, des industriels originaires du Nord est  incendiée en 1874. Elle est transformée en 1886 en tuilerie industrielle  sous la direction de M. Delagrange.
   Elle succède à un ensemble de tuileries artisanales  (une petite dizaine) implantées à Sermoise entre le 18ème et le 19ème siècle . Son activité  perdure jusqu'après la seconde guerre mondiale.


2018





exemples de production de la tuilerie de Plagny

les tarifs










Entre les deux guerres, sous  le nom de Grande Tuilerie Mecanique de Plagny-Sermoise, l'entreprise est propriété de Ernest Lavallée, banquier à Sancoins et également possesseur de la tuilerie de Grossouvre dans le Cher.


le site en 1935

fin des années 60: les toitures sont parties et les bâtiments se dégradent




2018 : un lotissement, seul le bâtiment de gauche a subsisté.





samedi 24 mars 2018

vendredi 23 mars 2018

Paon


2018: des logements...mais avant?


    Au début du XXème siècle, la Société académique du Nivernais  mentionne  l'existence au 37 rue de la Barre , de  l'Hôtel du Paon, un endroit "très curieux à visiter".  Cet éblissement hotelier est très ancien: vers 1900  sa façade  présente  l'image d'un paon peinte sur une feuille de tôle suspendue à une potence. Plus tôt, au commencement du XIX ème siècle, son  propriétaire, un certain Camuzat,  la remplace provisoirement par une autre enseigne figurant une tête de nègre avec cette inscription :
« la Tête-Noire".



  Plus tard  dans les années 20le  Groupe d'Emulation Artistique, qui a son QG un peu plus bas dans la rue Saint Etienne,  est un habitué des lieux.

  Pendant la guerre, l'hôtel du Paon devient lieu de relais et d'hébergement pour ceux ( aviateurs anglais abattus au dessus de la zone occupée, juifs, résistants ,..) qui transitent par Nevers pour franchir la ligne de démarcation.  

 Ils sont cachés quelques jours  au premier étage, ...tandis que les soldats de la Wehrmacht  fréquentent le rez-de -chaussée.... et que l' établissement fait sa pub dans le très pétainiste "Annuaire des Temps Nouveaux".

encart publicitaire de 1942 dans l'Anuaire des Temps Nouveaux...




L' Hotel du Paon dans les années 50

publicité des années 50



L'hotel devient Bar dans les années 60





jeudi 22 mars 2018

Anguille



 Amis pêcheurs corbigeois , merci de bien lire le règlement!



  La société de pêche  " l'Anguille" existe toujours , son nom rappelle la présence de ce poisson autrefois commun dans les rivières, mais dont la population a fortement régressé notamment dans les années 1980-90 .

mercredi 21 mars 2018

Un cheveu dans le potage.


publicité de 1910


    Vous vous souvenez peut-être d'avoir aperçu dans ces pages l'Hotel Blanc et sa cuisine bourgeoise.

  Sa propriétaire, au début du XXème siècle,  améliorait ses fins de mois avec une autre sorte de préparation...
 On espère qu'il n'y avait pas de mélanges dans les plats...

mardi 20 mars 2018

Le bon coin

....dans la presse nivernaise vers 1900


du grain à moudre


Pour  se faire un break dans une voiture à cheval.


la Spider-mobile


Sur orbite


Porte du  Kourou ?


lundi 19 mars 2018

Le pianiste



 Armand BALLERET  (1920-2012) Chevalier du Mérite agricole,  officier de la Légion d'honneur, ancien maire  de Sermoise-sur-Loire, vice-président  des Restaurants du  Coeur de Nevers,  membre de l'association des donneurs de sang  de Challuy-Sermoise, pionnier du Ski-Club de Nevers...était aussi pianiste.

dimanche 18 mars 2018

vendredi 16 mars 2018

Mademoiselle Rose

   Une rosière est une jeune fille  dont les gens de son  village  récompensent  la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie par l'octroi d'une couronne de roses (d'où le nom) .

  Voici celle de Cercy la Tour en 1921 , évidemment tout de blanc vêtue




    Aujourd’hui , des rosières sont encore élues chaque année dans certains villages  de France, mais les critères ont évolué : par exemple , en 2013, la rosière de Saint-Sauves d'Auvergne  a été élue  pour  récompenser son implication dans la vie associative.



  Traditionnellement , la rosière  devait  être vierge... mais depuis bien longtemps ce n'est plus (forcément)  un critère de sélection obligatoire...

mercredi 14 mars 2018

Un aller-retour à la sauce tomate s'il vous plait

  A Saint Honoré les Bains, si la station thermale est desservie par les gares de Vandenesse  (ligne Corbigny-Cercy la Tour) et Rémilly ( ligne Nevers Chagny) situés à quelques kilomètres... les billets de trains -question de standing- se prennent en ville.

années 40, le guichet SNCF sur la gauche



de nos jour: une pizzeria... sans bureau de vente des billets