Affichage des articles dont le libellé est adduction d'eau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est adduction d'eau. Afficher tous les articles

samedi 22 octobre 2022

Devinette dans les betteraves





     Nous sommes en octobre 1928  et les champs de betteraves vont bientôt être récoltés au pieds de ces constructions coniques. Mais à quoi servent-elles? Et où sommes nous donc?

dimanche 14 juin 2020

Où sont passés les tuyaux n°2 (1922-1960)




   A Nevers, on pompe de l'eau en Loire -avec plus ou moins de réussite- depuis 1830. 
   En novembre 1922, est mise en route une nouvelle usine élévatoire, moderne,  construite au bout du port de la Jonction. 


  L'installation pompe au moyen d’un moteur électrique l’eau de la Loire, via quatre puits verticaux installés à proximité et captant seulement par leur fond.
 On constate rapidement que ces puits sont colmatés par le sable et les sédiments. L’analyse de l’eau montre aussi un taux excessif en manganèse. En août 1923, sont donc mis en service, quatre puits supplémentaires  construits suivant la même structure, et le réservoir d'eau  en haut des Montapins est agrandi en 1924... (il finira par abriter 3 cuves de 4000m2 chacune, dimensionnées pour stocker l'eau nécessaire à une agglomération de 100 000 habitants, selon les projections)

le réservoir des Montapins (collection personnelle)


  Mais - les mêmes causes produisant évidemment les mêmes effets-  les  4 nouveaux puits  s'ensablent tout aussi vite que les  4 premiers.


vue aérienne de1925 , en bas à droite les 2 rangées de 4 puits  (à gauche, le bout du bassin de la jonction)

 

les 8 puits en 1928. Collection personnelle

²
  Il faut donc remédier à cette situation.  
  Au printemps 1931, on adjuge donc à une entreprise cosnoise, la Société Nivernaise d'Entreprises Electriques et d'Applications du Béton Armé, les travaux à réaliser pour mettre fin à ces problèmes.   
    La nouvelle société renonce au système des puits verticaux en vigueur jusqu'ici, et se tourne vers un drainage horizontal par buses filtrantes, malgré l’opposition des tenants des puits verticaux, qui pensent pouvoir pallier aux défauts du système vertical initial sans surcoûts insupportables.

  La Société concessionnaire met donc en place le long du lit de la Loire, à la hauteur du Peuplier seul, un captage par un maillage de 425 mètres de buses filtrantes horizontales en ciment de Portland.  L'eau ainsi collectée s’y écoule naturellement vers un seul des anciens puits verticaux où elle est alors pompée .





collection personnelle



   Problème :  l'entreprise maitre d’œuvre fait banqueroute. 
   Les travaux doivent être repris en l’état par la Société Auxiliaire des Eaux (la fameuse S. A. D. E.) suivant une convention signée en août 1934 avec la municipalité..
     Rapidement, les buses de ciment installées par l’ancien constructeur montrent  des signes de détérioration, et dès 1936 force est de constater qu’ils ne fonctionnent plus convenablement . Il faut une fois de plus - un cauchemar permanent de la Municipalité depuis les premiers pompages en Loire au XIXème siècle- revoir  le système de captage. Plusieurs spécialistes sont consultés : certains en imputent la cause à l'eau de Loire «incompatible » avec le ciment, car trop agressive et trop acide....
  D’autres s’interrogent sur la qualité du ciment employé, mettant même en doute qu'il s'agisse réellement de ciment, et non d'un matériau de récupération recompacté à bas coûts.
 Les adversaires du captage par drainage  horizontal en profitent pour redonner de la voix . La porosité des buses a-t- elle bien été calculée pour que les grains de sable amenés par le pompage ne les colmatent pas ? Sont-elles enfouies à une profondeur suffisante, pour les mettre à l'abri des fluctuations de la température, et se trouver toujours immergées, même pendant les plus basses eaux? 

   Dans l’intervalle, la S. A. D. E. a présenté en 1935 un projet d'amélioration des conduites, avec construction d'un réservoir sur tour,  devis accepté par le Conseil Municipal et entièrement réalisé durant l'année 1936. Coût : 2 millions  300 mille francs  que la S.A.D.E. réalise à ses frais.. ce qui soulage la ville.


  A gauche la station de pompage, à droite le réservoir-tour


     Mais, l'alimentation en eau au point de départ du pompage est toujours insuffisante pour satisfaire la consommation urbaine, et reste inférieure aux projections calculées. 
   L'analyse d'un ponte de la pompe est alors requise, et c'est le sieur Joffet, ingénieur en chef de la Ville de Paris, chargé de l'étude des captages des Vals-de-Loire, qui est chargé de cet épineux dossier.
  Les conclusions de Joffet sont sans ambiguïté : le système de captage à base de drains horizontaux en béton, disposés dans les alluvions du fleuve, est inadéquat. Et l'ingénieur en Chef de préconiser une nouvelle méthode utilisant des puits filtrants verticaux, peu coûteux, mais différents des puits originels en ce qu'ils  vont recueillir l’eau sur pratiquement toute leur hauteur, -et non uniquement par leur fond comme ceux de 1922-923- et peuvent être munis d'une crépine  décolmatable (une sorte de grillage fin) pour en simplifier le curage et l'entretien.

  Quatre de ces puits, selon le spécialiste, peuvent fournir par jour 13.000 mètres cubes par jour d’eau potable et fraîche , et le pompage est  possible par l'ancien puits déjà aménagé en collecteur. Le montant des travaux ? Pas plus de 700.000 francs. D'ailleurs, ajoute Joffet, une installation existe déjà. Bien sûr, elle ne fournit pas assez, mais , comme appoint, un ou deux de ces nouveaux puits verticaux avec un débit prévisionnel d’environ 3200 m3/ jour peuvent suffire.

   En août 1936 la S. A. D. E démarre le forage d’un puits d'essai constitué par trois tubes concentriques en tôle d'acier semi-inoxydable, finement percés pour arrêter les plus petits grains de sable, (remplaçant donc la fameuse  »crépine décolmatable ») Les essais prouvent le système capable de débiter 3.900 mètres cubes par 24 heures. Misson accomplie, pourrait-on se dire… sauf que, pour des raisons complexes tenant à une rédaction ambigüe des contrats, ce puits n'est pas mis en marche et raccordé au réseau...les nouveaux travaux proposés par la S.A.D.E, et surtout leur coût, ne sont pas acceptés en 1938 par la Commission municipale des Travaux qui déclare préférer s'en tenir à l'ancienne installation en drains horizontaux,  et demande à la S. A. D. E. d'en assurer l'entretien à ses frais.

 En mars 1940, les effondrements des canalisations se multiplient  dans le vieux réseau de drains en "ciment", la S. A. D. E. propose son remplacement par un réseau de 428 mètres de drains également horizontaux mais construits en acier inoxydable.
 Les travaux sont commencés en juillet-août 1940, après la défaite militaire et l’arrivée des Allemands  (qui veulent de l’eau pour leurs soldats et leur chevaux !) , pendant une période où le niveau des eaux est suffisamment bas . 
 En 1941 , les eaux sont par contre trop hautes est le chantier doit être stoppé . 
 En 1942 on a posé seulement 260 m (sur 428) de buses métalliques. Pour couronner le tout, en 1943 , catastrophe : la S. A. D. E. réalise que le réseau a été placé trop haut par rapport au niveau des basses eaux, et qu’en cas de sécheresse comme à cet été là, l’eau vient à manquer . On cherche l’auteur de cette erreur de débutant : les Ponts et Chaussées sont un temps incriminés, mais déclinent toute responsabilité : ils n'ont jamais été consultés sur ce sujet… La S. A.D. E.  présente en février 1944 deux nouveaux projets.  Un palliatif et l’autre de plus grande envergure...mais en pleine guerre, argent et matériel manquent.
  Le 30 août 1944, on inaugure à la va-vite  un  puits de secours foncé dans le sable de la Loire, près du quai de Médine:  la municipalité a demandé ces travaux en urgence aux Ponts et Chaussées voisins pour prévenir  le manque  d'eau  si le  pont de Loire se trouvait détruit lors de  prochains combats ou de sabotages (les canalisations qui relient l'usine de pompage sur  la rive gauche de la Loire à la ville, sur la rive droite,  passent par là). Dans cette installation de fortune, l'eau est aspirée dans le puits et refoulée dans la canalisation par un groupe électropompe de 10CV, récupéré à Fourchambault.  On en attend  un débit minimum de 600 mètres cubes par jour, ce qui alimentera au moins le centre de la ville.  Le raccordement du puits aux canalisations urbaines par la canalisation de la rue de la Parcheminerie, doit se faire  quelques jours plus tard , si les Allemands ne s'y opposent pas. Heureusement, ils partent 8 jours après et  le pont de Loire est sauvé de la destruction.
.







 Après la guerre, la production annuelle stagne  à environ 1 800 000 m3 jusqu'en en 1959. Elle monte à  2 000 000 en 1961 grâce à de nouveaux captages réalisés  en 1960  . En 1964 le renforcement des moyens de pompage  fait passer le volume à 2 500 000 m3.

dimanche 18 novembre 2018

Cosne,c'est l'ozone.

  En 1905 Cosne sur Loire met en place une installation de traitement des eaux potable  par ozonification. 
  La stérilisation par l'ozone est alors  une première  application urbaine en France , le procédé choisi, mis au pont par  Marnier et Abraham ayant été expérimenté en grandeur réelle à Lille  en 1898-1899, .
 Les analyses conduites par l'Institut Pasteur comptent alors dans  l'eau de Loire puisée dans le cloches dites "filtrantes" plus de 4 000 bactéries par centimètre cube, dont abondance de colibacilles, d'origine fécale ...
 Après l'ozonification on trouve moins d'une bactérie par centimètre cube et aucun germe de bacterium coli . Cette analyse — une des premières faites de façon sérieuse — montre bien le niveau de pollution des eaux de Loire, et surtout l'insuffisance des cloches filtrantes installées dans les bancs de sable  à Decize, à Nevers ou à la Charité.

l'ozoneur



 

 L'ozone, une forme instable d'oxygène de formule  O3 ( l'oxygène "normal" est de formule O2) )  est un oxydant  puissant qui attaque les cellules vivantes, et que le procédé Marmier et Abraham synthétise  par un système de décharges électriques de 40 000 volts

schéma de principe du système Marnier



  Le transformateur t génère la haute tension, son circuit primaire (1) reçoit le courant d'un alternateur actionné par une machine à vapeur v, Le circuit secondaire (2) fournit à l'ozoneur k des courants sous tension 40 000V. ( système  copiant peu ou prou le phénomène naturel de la la création d'ozone par la foudre).
  Ceci  crée dans l'ozoneur k  de l'ozone en concentration suffisante  à partir  de l'air   par le ventilateur m et asséché par passage dans le dessicateur l  (un cylindre contenant de l'acide sulfurique concentré qui absorbe la vapeur d'eau contenue dans l'air,)  L'ozone  est injectée dans l'eau pompée dans les sables de la Loire, en face du chantier Blanc, où est enfouie une cloche filtrante de 4m de diamètre et 5m de haut, puis  stockée dans le réservoir j.



le réservoir d'eau potable en 1905


 
   En 1905, Cosne ne compte que 100 concessions ( raccordements au réseau):  l'eau potable de Cosne est destinée à 70% aux usages publics ( hopitaux , casernes, fontaines publiques) et  on en consomme au total  400 m3/jour. Le procédé à l'ozone est encore utilisé de nos jours sous une forme plus moderne. Il est efficace , mais  nécessite une maitrise  technique que n'ont pas encore les opérateurs du réseau de l'époque. Il est aussi  l'objets de polémiques entre la municipalité du député-maire Goujat  et le Journal de Cosne (qui est condamné pour diffamation en décembre 1907)  et l'installation est  finalement abandonnée.

de nos jours


samedi 17 décembre 2016

Mystère à Saint-Gildard.

 Le long mur monotone qui  enserre le couvent Saint Gildard  sur le boulevard Victor- Hugo  est brièvement interrompu par un genre de façade , au milieu duquel s'ouvre une petite porte.


   La petite porte est surmontée d'une sculpture aux armes de la ville de Nevers.... Qu'y a-t-il donc là?



  Entrons dans l'enceinte du couvent pour  voir ce qui se cache derrière le mur...



  Ah... un batiment  parallépédique sans caratéristique particulière... à quoi servait il donc?
   Il ne  nous reste plus  qu'à consulter les vieux grimoires et les cartes au trésor....
   Cà tombe bien... nous sommes en possession d'un vieux plan du début du 20ème siècle  dressé par le chef de la voirie de la ville en personne...Que va-t-on y trouver ?


   Le plan indique "Réservoir d'eau.." et montre bien le petit édifice, toujours adossé au mur, plus d'un siècle plus tard ...
   Le long du boulevard, vers le Nord , une ligne de traits interrompus... de quoi s'agit il?.. Suivons là.


 La ligne remonte le boulevard, tourne à droite, traverse la ligne du Tacot , puis s'engage le long de la Nationale 7 avant de filer vers le Nord-est...et là.....




...le plan indique: conduite de Jeunot.

 Et Jeunot est ....le nom d'une source,la Fontaine Jeunot  située à Urzy (à l'emplacement actuel du domaine de la Fontaine Cavalier),  dont les eaux ont contribué  à alimenter  la ville de Nevers en eau courante.
 L'eau provenant  de la Fontaine Jeunot était donc amenée par une conduite dont le tracé figure sur le plan et qui finissait dans le réservoir de Saint -Gildard avant de rejoindre le réseau principal.
 Ce réseau bien que concédé à la compagnie Girard et Robin-Duvernet étant  à l'initiative de la municipalité de Nevers, il est logique que le réservoir porte ses armoiries.
  Avant de capter les  eaux de la fontaine Jeunot et que soit construit le réservoir des Montapins, le réservoir Saint Gildard stockait l'eau pompée par l'usine élévatrice de la rive gauche.
 

dimanche 23 octobre 2016

Où sont passés les tuyaux ?




  En 1827, le maire de Nevers, M. de Bouille, entreprend -pour des raisons surtout électoralistes, semble-t-il - ( il faut faire comme Paris ou Londres )de doter la ville d'un système de distribution d'eau . Il promet à ses administrés de leur   fournir 600 m3 d'eau de Loire par jour à raison de 10 litres par habitant et de 30 litres par cheval de la garnison, alors basée place de la Résistance.


  Une machine à vapeur censée délivrer 12 CV doit refouler l'eau jusqu'à un réservoir d'une capacité de 650 m3, situé à 32 mètres au-dessus de la Loire, d'où elle s'écoule par gravité.

plan du bâtiment de la pompe à feu





 La "première pierre" de ce réservoir est posée en juillet 1830  par la Duchesse d'Angoulême, seule enfant survivant de Louis XVI.  L'installation est  adossée à un batiment situé à l'emplacement  l'actuel Hôtel de Ville, dans ce qui deviendra la rue Sabatier .

Le chateau d'eau sur un plan de 1839

 dessin du château d'eau de la rue Sabatier, tel qu'il aurait dû être.




     De fait, le réservoir, à la construction approximative, reste  inachevé . Il faut sans cesse le réparer et colmater les fuites. Les statues représentant la Loire, la Nièvre ou d'autres cours d'eau logées dans les niches aménagées sur sa façade ne sont jamais réalisées.   Le bâtiment est démoli en 1862 .
 
 La tuyauterie  d'amenée  passe sur le Pont de Gêne  , un ouvrage en charpente  enjambant la gare -à bateaux-  de la Nièvre,  et bâti en 1829 spécialement pour cet usage .( Il était dénommé « pont de Gêne» car sa structure représentait une contrainte pour les mariniers.)
 L'eau  emprunte ensuite la rue Casse-Cou,  croise celles des Ratoires, de la Parcheminerie, des Sept-Prêtres, de l'Évêché, de la Basilique et la place de l'Hôtel-de-Ville.  L'installation est achevée en 1830, pour une dépense plus de 250 000 francs. La machine à vapeur (appelée "pompe à feu") est implantée quai de Médine.

le "pont de gêne" traverse l'embouchure de la Nièvre au droit de la pompe (1856)

vue "aérienne" de 1848 , 

avec la pompe à feu et le "pont de gêne"


  Le système de distribution ne fonctionne pas comme prévu :  la pompe à feu manque de puissance  et n'est guère fiable, elle enfume le voisinage, et la couverture du réseau de distribution est  insuffisante : les hospices, la caserne et quelques établissements sont alimentés, tandis que des quartiers entiers doivent continuer à utiliser des puits . En 1842, on étend le réseau : vingt bornes fontaines sont installées, mais une grande partie de la ville (y compris l'abattoir) ne sont toujours  pas raccordés. L'eau, pompée en aval des  bateaux-lavoirs et  au confluent avec la Nièvre, véritable égout à ciel ouvert, est de mauvaise qualité bactériologique. Boueuse en hiver, trop chaude en été, elle souffre d'une épuration rudimentaire. Les bourgeois qui utilisent cette eau ont en général chez eux un système de filtres à charbon individuel pour au moins assurer la "transparence" de l'eau servie à table.

   En 1849 on se met en tête de venir chercher l'eau des fontaines de Veninges et des Bouillons  (rue de l'Aiguillon ). Les eaux de sources sont réputées meilleures que celle du fleuve, mais leur débit a été surestimé par les ingénieurs, et elles sont elles-mêmes polluées par les déjections des élevages : il faut donc  continuer à utiliser la vieille pompe de Loire du quai de Médine. qui  n'a pas pour autant  été abandonnée... Les microbes de toutes sortes se déchainent, surtout lors des épidémies de choléra de 1834, 1849 et 1884.  Il faut attendre la toute fin du 19ème siècle ( à Paris en 1887 ) et les travaux  de microbiologie de Pasteur et de ses homologues établissant officiellement chez les "décideurs"  le lien entre  les maladies comme le choléra ou la fièvre typhoïde et l'infection bactérienne des eaux, et  non pas avec les "miasmes aériens"  
ou les "changements de vents". Seuls les bourgeois aisés  disposants de systèmes  domestiqques de filtrage à charbon échappent en partie aux épidémies.

 A partir de 1851 , à l'arrivée du Chemin de Fer à Nevers,  la ville  prête la pompe à feu à la Compagnie du Chemin de fer du Centre (puis au P.L.M) ,qui s'engage  à vendre toute l'eau nécessaire  à la ville  (jusqu'à 500 m3) au prix de 9 c. le m3. En 1859 le P.L.M. construira ses propres installations en pompant l'eau directement dans la Loire au niveau du viaduc, rive droite. 


   En 1857, la ville décide de réaliser de nouvelles installations.  Le réseau comprend alors seulement 4 kilomètres de tuyauterie dont 1km de tuyaux fonte de 13.5 cm , 2000M de 7,5cm et le reste en tuyaux de plomb de 4 et 3 cm.

 En 1860, une usine élévatoire à vapeur  deux fois plus puissante est mise en service sur la rive gauche de la Loire au Plateau de la Bonne -Dame, à l'abri de la digue  construite après la crue de 1856.
  L'eau pompée dans un filtre est projetée dans un tuyau qui traverse le pont de Loire, les rues Saint-Genest, du Midi, de la Gare, et parvient enfin au réservoir Saint-Gildard, qui reçoit également  les eaux de la source Jeunot.
Un autre réservoir, celui du Carrefour est alimenté par la source de Veninges.

L'emplacement de l'usine élévatoire sur un plan de 1874

et sur un plan de 1890





on aperçoit l'usine à droite sur cette vue du début du XXème siècle




Cloche filtrante installée dans les bancs de sable.



    A cent cinquante mètres au-dessous du pont de Loire dans le banc de sable qui longe la digue, sur une base en maçonnerie solide, posée sur le fond rocheux  on a construit  un cylindre en fonte percé de trous, à  sommet  en coupole de cinq mètres de diamètre encore visible aujourd'hui ( le niveau du sable ayant entre temps baissé de environ 1,5m). L'appareil est enveloppé d'un manchon de gros cailloux, puis d'un second de gros gravier, puis d'un autre de graviers fins, et le tout se trouve immergé dans le banc de sable. Les cailloux retiennent le gros gravier, celui-ci le gravier moyen, ce dernier empêchant la pénétration des sables fins, et c'est à travers ces couches multiples que se fait la filtration de l'eau.


 



Le réservoir Saint-Gildard





   De l'usine élévatoire, arrêtée en 1922, ne subsiste que ce modeste bâtiment. ( la résidence du gardien). Pour se faire une idée de l'usine dans son ensemble, on peut se référer  à quelques cartes postales où elle apparait en arrière plan.


Une vue de l'usine en arrière-plan de la plage de Nevers dans les années 30


  Toute cette  technologie  ne permet toutefois pas de fournir l'eau partout et à tous les étages. En 1886, pour augmenter la pression dans le réseau, on projette d'installer une deuxième machine à vapeur, une conduite d'aspiration passant de 20 à 30 cm de diamètre et un réservoir supplémentaire  en béton installé aux Montapins, alimenté par une conduite posée dans la lit de la Loire.


1887: projet de canalisation enfouie dans le lit de la Loire vers le réservoir

 des Montapins ( archives de la Nièvre)

   Les travaux  estimés à 168 000 francs sont votés par le Conseil municipal, mais ne sont pas entièrement effectués, apparemment en raison d'obstacles contractuels avec le concessionnaire du réseau. 

  

Les restes des canalisations se dirigeant vers la rive droite de la Loire

 

 
A Nevers, les conduites sont, d'abord, en plomb, en fonte avec joints de plomb, puis en fer système Chameroy et, après, 1914, en acier.

  Les canalisations prévues pour alimenter le réservoir des Montapins sont réalisées selon le procédé Chameroy: de la tole de fer étamée intérieurement  est soudée  en hélice et recouverte d'une couche de un à deux centimètres de bitume, elle même retenue par une sort de corde enroulée en hélice sur la tôle même du tuyau . Ceci pour l'isoler de la corrosion et de l'abrasion et permettre de la poser directement au sol en limitant les travaux de génie civil . Cette technique est très efficace: des milliers de km de ce type de conduites transportant le gaz et et l'eau  sont encore en service en région parisienne dans les années 2000.

Tuyau Chameroy: noter la soudure en hélice caractéristique


    Jusqu'en 1910 et la reprise du service en régie municipale directe  les eaux restent  de mauvaise qualité. Les fontaines de Veninges et de Jeunot (à Urzy  à 8 km de Nevers), toujours utilisées,  sont infectées par les effluents des étables, et  la nouvelle prise d'eau rive gauche est implantée   en aval de deux fabriques de gélatine, des bateaux-lavoirs, des égouts de Nevers, ainsi que de l'embouchure de la Nièvre, qui n'est pas plus propre qu'auparavant . Le réseau n'approvisionne que  8000 des 27000 habitants de Nevers.
Et jusqu'à cette date il est impossible d'imposer   aux usagers l'installation de compteurs ainsi qu'une facturation au mètre cube consommé.

  Il faudra attendre l'installation des zones de pompage du Peuplier Seul et surtout  l'amélioration progressive des procédés d'épuration  (d'abord par javellisation)  pour avoir à Nevers une eau à peu près saine.