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dimanche 26 août 2018

Une Cure d'ouvrages d'art.

  Dans le hameau des Morlins, sur la commune de Saint André en Morvan,  on peut voir la partie aérienne du canal   reliant  le barrage du Crescent et la centrale hydro-électrique du Bois de Cure.


  Ce canal d'amenée  est essentiellement  souterrain, et il alimente depuis les années 1930 un réservoir de compensation situé 95 m au dessus de  la centrale électrique EDF du Bois de Cure.

schéma d'époque

la zone du canal , cerclée en bleu sur un schéma moderne



  Le canal et ses ouvrages d'art  ont été construits - (comme l'ensemble de l'aménagement autour du barrage du Crescent) au début des année 1930 avec les dommages de la guerre 14-18: tout le matériel hydraulique et électrique (usines, postes et lignes),  les fournitures de génie civil (bois, ciments, fers, matériel d'entreprise, matériel de transport,...) ont été demandées à l'Allemagne au titre des réparations en nature.

  Le tracé du canal, long de 7km, l'amène à  traverser de nombreux ravins. Il est fait d'une succession  de huit souterrains rectilignes, reliés soit par des tranchées à ciel ouvert soit par des aqueducs pour le franchissement des  dénivellations.  Sur sa longueur  de 7.300 m., 6.300 m.  sont en  souterrain. La plus longue galerie fait 1.250 m.


 La capacité de débit du canal  est d'environ 22 m3/s,   à une vitesse maximum de l'eau de 3 m/s environ.
  A proximité du barrage du Crescent, la traversée du ravin est réalisée par une bâche en béton reposant sur un remblai.
  La vallée de la Métairie est  ensuite franchie par un pont aqueduc de 14 m. de hauteur  et d'une longueur en tablier de 90 m. Le canal proprement dit est réalisé en métal.

Aqueduc de la Métairie peu après sa construction, vu de  la route de Chastellux. 

La végétation ayant poussé depuis, l'ouvrage est caché par les arbres.

le même de nos jours, de près


   Un aqueduc métallique reposant sur des palées en béton armé long de 150 mètres. passe au dessus  de la vallée du ruisseau de Nesles, à Saint André.

neuf en 1935

de nos jours


  Dans les parties à ciel ouvert, le canal d'amenée a une section trapézoïdale, alors que  dans les parties en souterrain, la section du canal est constituée par une voûte en plein cintre se raccordant à un trapèze. comme sur la photo ci dessous.

Le Merlin est le nom du relief  sous lequel passe le canal


 L'usine électrique du Bois de Cure (cliquer-> ici)   sur la commune icaunaise de Domecy sur Cure est équipée de trois turbo-alternateurs de 11.220 kva chacune, avec des turbines du type Francis  tournant à 500 tours/minute.

vue intérieure de la centrale  dans les années 1930


La même en 2015 en cliquant ici.

samedi 30 septembre 2017

A toute vapeur


 

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   Aux mines de  la Machine, le coup de poussier de 1890  a précipité l'installation d'un éclairage et surtout d'une ventilation  électriques dans les galeries.  En 1917, une centrale  de transport de force alimente  donc en énergie électrique les mines de la Machine depuis la fin du 19ème  siècle.  Mais cette installation  n'a plus la puissance nécessaire  à la modernisation prévue  de l'extraction, notamment par le remplacement du vieux puits Marguerite.  L’extraction  à 400 mètres de profondeur y est jusqu'ici confiée  une machine à vapeur antédiluvienne,  qui ne présente plus une sécurité suffisante .
  On projette donc de  remplacer le puits Marguerite  par le puits Henri-Paul, plus grand, et à la machinerie entièrement électrique.

l'ancienne centrale de la Machine

   Les propriétaires des houillères de la Machine, les célèbres Schneider du Creusot, décident alors de construire une nouvelle centrale.
    La production d'électricité par une centrale thermique a un double intérêt pour les Schneider : elle réduit la consommation des chaudières des mines de la Machine, et valorise aussi leurs charbons  inutilisables par  la sidérurgie, et ceux  dont le prix de vente ne couvre pas les frais de transport.
  Leur combustion fournit l'électricité nécessaire au fonctionnement de l'exploitation minière ainsi qu'aux besoins  des villes du Sud-Nivernais. La compagnie Schneider crée donc, avec Rhône Land and Water Power, une société commune: l'Energie Electrique de Rhône-Jura.
   L'objectif est de  construire un réseau électrique à partir d'usines hydro-électrique et thermiques pour alimenter les industries  et les villes voisines.


la centrale au charbon de Montceau les Mines


    Commencée à Champvert, près de Decize, dès 1919, la centrale thermique est inaugurée  trois ans plus tard. Entre temps, l'entreprise locale retenue pour la construction, Buisson et Giffard,  a jeté l'éponge: elle a sous-estimé l'ampleur des travaux, et les Schneider et leur puissance financière ont repris eux mêmes le chantier pour pouvoir le terminer dans les temps.

la centrale en construction

 Le financement de cette centrale est réalisé en partie avec les fonds de dommages de guerre versés par l'Allemagne.
  Trois turbines à vapeur et sept chaudières à charbon fournissent le courant jusqu'à Luzy d'un côté et Garchizy de l'autre (où existe une autre centrale thermique plus ancienne opérée par la C.E.L.E.N. ).



   Sa puissance initiale, de 10 à 12.000 kW, est portée à 25.000 kW en 1927. A titre de comparaison un réacteur nucléaire récent a une puissance d'environ  1.300.000 kW soit 50 centrales de Champvert.

  L'eau est pompée dans l'Aron et stockée  dans un réservoir en béton de 200m3 élevé à 22m au dessus du sol.

   La production  est  est intégrée en 1929 à la Société  "L'énergie électrique Rhône-Jura" à laquelle les Schneider  ont cédé la centrale.    Elle est alors le point d'aboutissement de l'artère Ouest à 120.000 Volts,  Montchanin-Decize, du réseau de la Compagnie Bourguignonne de transport d'Energie, dont la principale ressource, à partir de 1931 est le barrage hydro-électrique  de Cize-Bolozon sur l'Ain.



  Au tournant des années  40 et 50, devenue propriété d'EDF, la centrale fonctionne  surtout  lorsque le barrage de Génissiat sur le Rhône, mis en service en 1947,  n'est pas suffisamment rempli pour  satisfaire la demande . A pleines turbines les installations de Génissiat peut fournir  400.000 kW soit environ 15 centrales de Champvert.
  L'équipement hydro-électrique du Rhône et de ses affluents progressant, la vieille centrale à la technologie obsolète devient très vite  inutile en tant que source d'électricité. La dernière  des sept chaudières encore en activité  n'est plus utilisée que comme générateur  de vapeur pour l'usine Kléber- Colombes voisine .Elle  lui sera finalement cédée en 1965.

la centrale en arrière  plan de l'usine Kleber-Colombes : une seule cheminée fume...

  La centrale est  définitivement abandonnée en 1972, peu avant la fermeture définitive des mines de la Machine .Elle est démolie en 1978.


la centrale en cours de démolition