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vendredi 25 août 2023

Au bord de la nationale 7 en 1948

 ...quand on arrive près du pont  sur les quais de la Charité ( on distingue à droite la passerelle en bois installée depuis juin1940 et le dynamitage du pont devant l'avancée des troupes allemandes.)


collection personnelle


samedi 5 octobre 2019

Le niveau baisse...

Rapport préfectoral de la Nièvre en... 1948

à cette époque 5 fautes = ....0!

 Quant à l'analyse du niveau et du moral des instituteurs par l'inspecteur d'Académie, je vous laisse seuls juges de ce en quoi l'analyse de 1948 serait encore valable...ou pas.





vendredi 22 juin 2018

samedi 6 mai 2017

Le bonjour d'Alfred.

   En juin 1948, sur les lieux d'une perquisition effectuée au Mans, un inspecteur de police récupère le portrait d'un petit garçon. 
  Au dos de la photographie, on peut lire le cachet d'un photographe de Nevers. En suivant le fil de ce seul indice, l'équipe du commissaire Rochet, qui dirige à l'époque la Sureté de Nevers, remonte jusqu'à un certain Alfred Laugier, le père d'un petit Gérard, le bambin représenté sur la photo.

 Cet Alfred Laugier est le "patron" bien connu d'un  établissement de Varennes-Vauzelles: l'Auberge des Boulaizes . L'endroit jouit d'une bonne réputation,  l'homme est un trentenaire élégant et affable à la générosité  bien établie: il offre régulièrement  boissons et digestifs  à ses clients, et ne fait pas trop de façons si ceux-ci omettent de régler la note... Il se dit dans la région qu'il a commandé  en une seule fois 600 croissants à la meilleure boulangerie de Nevers...

L'ancienne auberge des Boulaizes en 2017, rue Louise Michel à Varennes-Vauzelles

    Il lui arrive aussi fréquemment de s'absenter et, pendant ce temps, c'est Marinette une jeune femme fort séduisante, qui gère le commerce, et s'occupe du fils du patron, le petit Gérard ....
  Ce dernier vient d'ailleurs d'être baptisé, le dimanche de Pâques.
  La cérémonie a donné lieu à une gigantesque fête: une trentaine de  tractions-avant et quelques voitures de luxe étrangères se sont  rendues vers midi à l'Auberge des Boulaizes, chargées de messieurs élégants et taciturnes accompagnés de dames bavardes portant force perles et bijoux.  Le fastueux repas servi aux invités s'est prolongé tard dans l'après-midi, puis jusque dans la nuit.

 Un musicien noir  séduisant a interprété plusieurs tubes du moment dont le plus applaudi a été celui  chanté par  Tino  Rossi en 1944: le Joyeux Bandit .
   C'est un joyeux bandit 
   Qui de rien ne s'alarme 
   Sa voix dans le maquis 
  Attendrit les gendarmes 
  Sa voix pleine de charme 
  Les prend et les désarme

   A l'aube tout ce beau monde est reparti.
  Monsieur Laugier lui même a  pris place dans sa Citroën  à côté d'un petit homme brun à l'air pas très commode: Matthieu, son chauffeur. Au bout de la rue, ils ont tourné à droite  sur la nationale 7 en direction de Paris.
   C'est donc sur ce personnage haut en couleur que tombe la Police. Mais quel est donc le lien entre cet homme apparemment sans histoire et  les malfrats du Mans chez qui on a retrouvé la photo du petit Gérard?
  D'investigations en filatures, de recoupements en vérifications, les enquêteurs  (dont fait partie le célèbre commissaire Borniche, alors simple inspecteur) tirent le fil  et finissent en quelques mois par identifier Laugier sous un autre nom, celui d'Auburtin, puis sous son  véritable patronyme: Alfred Aimar.

 Côté pile , monsieur  Laugier/ Auburtin gère son auberge à Varennes , que Laugier a acquise en utilisant une prête-nom, madame Periot. A Paris, Auburtin touche les dividendes  d'une affaire de décoration d'intérieur et d'un commerce de voitures d'occasion.

  Le côté face est moins reluisant...  Alfred Aimar ,né en 1914 à Vence, et surnommé Frédo le Bijoutier, est un gangster qui, depuis son jeune âge, compte  dans le Milieu de la Côte d'Azur.

 Pendant la guerre, il s'est acoquiné avec les services de renseignements allemands tout en menant sa propre barque dans le crime: en mars 1944 , revolver au poing, il braque  un dentiste niçois et subtilise ses liquidités et les bijoux de sa femme. Deux mois plus tard , en compagnie de Palmieri ,un complice italien , il se fait passer pour la police allemande, et pénètre chez  les époux Abdelkader  à Cannes, les assomme, les dévalise et les larde de 2 coups de couteau dans le dos.. 
 Le butin, un million d'anciens francs, reste plutôt maigre, et les dépenses du malfrat si somptuaires...que tout est  bientôt à recommencer. A peine deux semaines plus tard , l'appartement de Mlle Mille à Nice est cambriolé pour  6 millions...
  A la Libération, Aimar se fait discret. Il  a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité par les assises des Alpes Maritimes  pour ses crimes commis en 1944,et doit vivre sur ses réserves, et des revenus des investissements  qu'il vient d'effectuer, notamment aux Boulaizes. 
 Las, faute sans doute d'une solide formation en comptabilité, ni le suivi des dépenses, ni la bonne gestion du patrimoine ne sont son point fort, et voilà notre Aimar contraint de replonger dans le banditisme.

 En juin 1948 avec Mathieu Costa - son "chauffeur"-  son gang s'attaque donc en gare du Mans à un wagon plein de titres de rationnement destinés aux départements de la Sarthe, de l'Orne et du Maine et Loire (de nos jours, il aurait sûrement tenté quelque chose avec des tickets-restaurants..). Mal lui en prend: la police veille... une ronde surprend une des voitures  qui attend la fin de l'opération pour évacuer les bandits: ses occupants s'enfuient et une fusillade éclate ente gendarmes et voleurs.

 La moitié des malfrats est arrêtée et, en fouillant les alentours, on retrouve  sept armes de gros calibre. Aimar peut s'échapper mais... tintin pour le butin.... Plus grave    il laisse dans l'appartement d'un de ses comparses la photo de son fils récemment baptisé. Un oubli, qui, on l'a vu,  lui sera fatal.

 Quelques mois après l'affire du Mans,   à Antibes, Aimar  feignant d'être blessé, se fait ouvrir de nuit les portes d'un commissariat, ... lui et un complice en profitent pour rafler, armes à la main, les  onze caisses de tickets de rationnement qui y sont entreposées. Le tout est chargé dans une camionnette qui s'évanouit dans la nature.   

 Entre chaque casse, Aimar/ Laugier se met au vert à Boulaizes, ou séjourne à Paris dans un appartement cossu rue des Plantes, dans le 14ème, sous son nom d'Auburtin.

  En décembre 1949 Aimar/Auburtin/Laugier est finalement appréhendé par l'équipe du commissaire Rochet et remis au commissaire Chenevier, de la Sureté Nationale en charge de l'enquête du Mans.

  Déja condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité, notre ex-aubergiste -comme il se doit-  nie tout ce dont on l'accuse, malgré l'abondance de preuves matérielles prouvant son implication .
 Cependant, à l'issue de sa garde à vue, quand les forces de l'ordre l'emmènent en cellule,  il finit par prononcer cette phrase pleine de bon sens:    "C'est peut être un peu tard, mais j'ai compris: décidément, le crime ne paie pas..." 

Aimar lors de son arrestation



L'Auberge des Boulaizes en 1950 , fermée après l'arrestation d'Alfred.


   En dépit de ces bonnes résolutions ...on reverra Alfred Aimar plus tard....
   Rejugé et condamné alors à 35 ans de prison,  il est libéré dans  les années 70, et comme il ne sait rien faire d'autre,  on le retrouve, dans sa région d'origine, comme membre de l'équipe  d'Albert Spaggiari  lors du célèbre "casse du siècle": celui de la société Générale de Nice, en 1976!

    On ne se refait pas...

samedi 28 mai 2016

Pont du Veurdre.


   Si les premières traces connues d'un franchissement de la rivière Allier à cet endroit  datent du Moyen Âge, c'est en 1833 que l'administration royale ordonne la construction d'un pont suspendu (avec, comme d'usage, ses droits de péage) entre les communes de Livry et du Veurdre.

 Ce pont s’effondre lors de la crue de 1866 et doit être rebâti.





En 1910, l'ingénieur français Eugène Freyssinet est chargé de la construction d'un nouveau pont, premier d'une série de trois  ouvrages similaires  en béton armé (suivront  le pont Boutiron près de Vichy et le pont de Châtel-de-Neuvre.).



Juin 1911, rapport au préfet de la Nièvre






  Le jour du décoffrage final, en 1911, plus de trois mille badauds  se massent sur les rives de l'Allier, en attendant l'écroulement  de l'édifice pronostiqué par un journal nivernais: ils sont bien déçus.

l'ancien  et le moderne


  En 1912, alerte : le pont voit ses clés de voûte s'affaisser progressivement. On incrimine d'abord les fondations  mais, après vérifications, elles sont mises hors de cause. Avant que l'ouvrage ne s'effondre,  ce qui compromettrait alors  durablement la carrière de l'ingénieur, il lui faut, au plus vite, contrer ce phénomène ....
  En pleine nuit, Freyssinet réveille donc son chef de chantier. Ils effectuent en vélo les trente kilomètres de  Moulins au Veurdre.  En posant des vérins dans les joints des clés de voûte il allongent les arcs, les obligeant à se soulever, et préservent ainsi l'ouvrage de la ruine.



    La discrétion souhaitée par Freyssinet pour ne pas alerter les Ponts et Chaussées est cependant loin d'être parfaite: son intervention a lieu  le jour du marché au Veurdre...mais l'essentiel est préservé;

     Cet incident permet au passage à Freyssinet de découvrir in-situ un phénomène encore inconnu : soumis à une charge, le béton flue (se raccourcit), et il faut en tenir compte dans la conception des grands ouvrages.




   Le 18 juin 1940, une quarantaine de soldats, commandés par le capitaine de Sapeurs-Pompiers Bastiani et le lieutenant Legris barre le passage du pont pendant une journée entière à une colonne nazie de 1.000 à 1.500 hommes, armés d'un canon de 75 et de quelques mitrailleuses. Pour les neutraliser, des motocyclistes allemands doivent les prendre à revers en traversant l'Allier en amont du pont,  équipés de flotteurs. Huit militaires français sont tués durant le combat.



soldats allemands  sur le pont  vers 1941



 Le pont de Freyssinet  est  dynamité le 7 septembre 1944 par la Résistance pour couper la retraite des troupes allemandes ( et notamment celle de la Colonne Elster) et les bloquer entre Loire et Allier




Le pont est reconstruit en 1948 sur ses propres piles.  Egalement réalisé  en béton armé il  utilise la structure Cantiveler dont il est un des premiers représentants en Europe.

le pont en construction en 1948, à gauche une passerelle provisoire




Ce type de contruction "en porte-à -faux" permet de franchir la rivière sans utiliser ni cintre ni échafaudages posés au sol (comme on l'a vu faire sur les photos de 1910) pour en réduire le coût et limiter les risques en cas de crues.


  A l'automne 2017, lors de la réfection de la chaussée   les techniciens découvrent que certains piliers sont fendus .... affaire à suivre.


samedi 5 décembre 2015

Votez R.P. F.!

   De son parti, Charles de Gaulle disait : "Le R.P.F. : un tiers de braves gens , un tiers d'escrocs, un tiers de collabos"


      Le 4 avril 1947, le général de Gaulle annonce dans un communiqué la création du Rassemblement du Peuple français (RPF).


   L'année suivante, les 12 et 13 juin il effectue un voyage de campagne dans l'Allier  , ainsi que dans la Nièvre.
Le dimanche  13, de Gaulle  se rend à Nevers, à  l'invitation du maire et conseiller général de Nevers, le R.P.F. Marius Durbet, en écharpe tricolore sur la photo. Pharmacien de profession, Durbet a été élu conseiller général du canton de Nevers en 1946 et sera  réélu en 1949, 1955 et 1961.
  Il est maire de Nevers entre 1947 et 1953, et sera  député de la Nièvre de 1951 à 1967..



Le programme officiel de la visite


     Après une cérémonie au monuments aux morts , une messe commémorative à la cathédrale, puis une réception à l'Hôtel de ville,  le Général prononce au parc de Nevers, un discours consacré aux problèmes agricoles , alors que le pays est encore soumis aux   rationnements alimentaires...

  C’est en symbole du Chef de la France libre qu'il est acclamé par une immense foule, alors qu'il a quitté le pouvoir depuis deux ans.
  Dans la Nièvre ,aux Elections cantonales de 1949, le R.P.F n'obtiendra pourtant que deux sièges sur 25...
Aux Législatives de juin 1951 seul Durbet ramène un siège au R.P.F. Les 3 autres sont occupés par une communiste, un S.F.I.O et un candidat de l'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance , un certain... François Mitterrand.

 



    En 1952 vingt-sept députés R.P.F., dont Marius Durbet, votent l'investiture du gouvernement dirigé  par Antoine Pinay contre l'avis de de Gaulle.  Ils sont alors exclus du parti.
   En juillet  quarante-cinq députés RPF supplémentaires rompent avec le mouvement gaulliste. 
 L'année suivante, en mai 1953, après des municipales désastreuses, le général de Gaulle rend leur liberté aux parlementaires qui lui sont restés fidèles et le  R.P.F disparait définitivement   en 1955.

vendredi 20 novembre 2015

Laffly

Un autobus de marque Laffly  (un modèles des années 30, produit a Asnières près de Paris) assurant la Ligne Chateauneuf  Val de Bargis - Guerigny- Nevers en 1948.