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mardi 30 mai 2017
Sources.
Ce monument est édifié en 1858 sur les dessins du sculpteur Eugène le Quesne et démoli pour cause de vétusté dans les années 1950 ( la pierre utilisée pour sa construction est fagile et gélive) . Il est surmonté par une statue de 2 mètres de hauteur, représentant la ville de Nevers .
Sur son socle sont adossées les statues de Veninges, représentée par un robuste moissonneur , de la Loire, en jeune femme assise sur la proue d'un navire ; de Jeunot, en jeune bûcheron ; enfin de la Nièvre, en jeune fille assise sur une enclume .
La raison de cette allégorie? Il s'agit tout simplement de représenter les sources d'eau ( supposée potable...) qui doivent alimenter le réseau de la ville à cette époque, ainsi que -en ce qui concerne la rivère Nièvre- de fournir la force motrice des ateliers.
Il est fort possible que les statues de la Loire et de la Nièvre aient été au départ prévues pour être installées ailleurs : en construisant l’Hôtel de Ville on avait en effet aménagé rue Sabatier l'emplacement d'un réservoir dont le mur donnant sur la rue était creusé de deux grandes niches qui devaient recevoir les allégories représentant la Loire et de la Nièvre, qui restèrent vides. Ces niches furent supprimées en 1899, lors de la restauration de la mairie .
samedi 17 décembre 2016
Mystère à Saint-Gildard.
Le long mur monotone qui enserre le couvent Saint Gildard sur le boulevard Victor- Hugo est brièvement interrompu par un genre de façade , au milieu duquel s'ouvre une petite porte.
La petite porte est surmontée d'une sculpture aux armes de la ville de Nevers.... Qu'y a-t-il donc là?
Entrons dans l'enceinte du couvent pour voir ce qui se cache derrière le mur...
Ah... un batiment parallépédique sans caratéristique particulière... à quoi servait il donc?
Il ne nous reste plus qu'à consulter les vieux grimoires et les cartes au trésor....
Cà tombe bien... nous sommes en possession d'un vieux plan du début du 20ème siècle dressé par le chef de la voirie de la ville en personne...Que va-t-on y trouver ?
Le plan indique "Réservoir d'eau.." et montre bien le petit édifice, toujours adossé au mur, plus d'un siècle plus tard ...
Le long du boulevard, vers le Nord , une ligne de traits interrompus... de quoi s'agit il?.. Suivons là.
La ligne remonte le boulevard, tourne à droite, traverse la ligne du Tacot , puis s'engage le long de la Nationale 7 avant de filer vers le Nord-est...et là.....
...le plan indique: conduite de Jeunot.
Et Jeunot est ....le nom d'une source,la Fontaine Jeunot située à Urzy (à l'emplacement actuel du domaine de la Fontaine Cavalier), dont les eaux ont contribué à alimenter la ville de Nevers en eau courante.
L'eau provenant de la Fontaine Jeunot était donc amenée par une conduite dont le tracé figure sur le plan et qui finissait dans le réservoir de Saint -Gildard avant de rejoindre le réseau principal.
Ce réseau bien que concédé à la compagnie Girard et Robin-Duvernet étant à l'initiative de la municipalité de Nevers, il est logique que le réservoir porte ses armoiries.
Avant de capter les eaux de la fontaine Jeunot et que soit construit le réservoir des Montapins, le réservoir Saint Gildard stockait l'eau pompée par l'usine élévatrice de la rive gauche.
La petite porte est surmontée d'une sculpture aux armes de la ville de Nevers.... Qu'y a-t-il donc là?
Entrons dans l'enceinte du couvent pour voir ce qui se cache derrière le mur...
Ah... un batiment parallépédique sans caratéristique particulière... à quoi servait il donc?
Il ne nous reste plus qu'à consulter les vieux grimoires et les cartes au trésor....
Cà tombe bien... nous sommes en possession d'un vieux plan du début du 20ème siècle dressé par le chef de la voirie de la ville en personne...Que va-t-on y trouver ?
Le plan indique "Réservoir d'eau.." et montre bien le petit édifice, toujours adossé au mur, plus d'un siècle plus tard ...
Le long du boulevard, vers le Nord , une ligne de traits interrompus... de quoi s'agit il?.. Suivons là.
La ligne remonte le boulevard, tourne à droite, traverse la ligne du Tacot , puis s'engage le long de la Nationale 7 avant de filer vers le Nord-est...et là.....
...le plan indique: conduite de Jeunot.
Et Jeunot est ....le nom d'une source,la Fontaine Jeunot située à Urzy (à l'emplacement actuel du domaine de la Fontaine Cavalier), dont les eaux ont contribué à alimenter la ville de Nevers en eau courante.
L'eau provenant de la Fontaine Jeunot était donc amenée par une conduite dont le tracé figure sur le plan et qui finissait dans le réservoir de Saint -Gildard avant de rejoindre le réseau principal.
Ce réseau bien que concédé à la compagnie Girard et Robin-Duvernet étant à l'initiative de la municipalité de Nevers, il est logique que le réservoir porte ses armoiries.
Avant de capter les eaux de la fontaine Jeunot et que soit construit le réservoir des Montapins, le réservoir Saint Gildard stockait l'eau pompée par l'usine élévatrice de la rive gauche.
dimanche 23 octobre 2016
Où sont passés les tuyaux ?
En 1827, le maire de Nevers, M. de Bouille, entreprend -pour des raisons surtout électoralistes, semble-t-il - ( il faut faire comme Paris ou Londres )de doter la ville d'un système de distribution d'eau . Il promet à ses administrés de leur fournir 600 m3 d'eau de Loire par jour à raison de 10 litres par habitant et de 30 litres par cheval de la garnison, alors basée place de la Résistance.
Une machine à vapeur censée délivrer 12 CV doit refouler l'eau jusqu'à un réservoir d'une capacité de 650 m3, situé à 32 mètres au-dessus de la Loire, d'où elle s'écoule par gravité.
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plan du bâtiment de la pompe à feu |
La "première pierre" de ce réservoir est posée en juillet 1830 par la Duchesse d'Angoulême, seule enfant survivant de Louis XVI. L'installation est adossée à un batiment situé à l'emplacement l'actuel Hôtel de Ville, dans ce qui deviendra la rue Sabatier .
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Le chateau d'eau sur un plan de 1839 |
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dessin du château d'eau de la rue Sabatier, tel qu'il aurait dû être. |
La tuyauterie d'amenée passe sur le Pont de Gêne , un ouvrage en charpente enjambant la gare -à bateaux- de la Nièvre, et bâti en 1829 spécialement pour cet usage .( Il était dénommé « pont de Gêne» car sa structure représentait une contrainte pour les mariniers.)
L'eau emprunte ensuite la rue Casse-Cou, croise celles des Ratoires, de la Parcheminerie, des Sept-Prêtres, de l'Évêché, de la Basilique et la place de l'Hôtel-de-Ville. L'installation est achevée en 1830, pour une dépense plus de 250 000 francs. La machine à vapeur (appelée "pompe à feu") est implantée quai de Médine.
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le "pont de gêne" traverse l'embouchure de la Nièvre au droit de la pompe (1856) |
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vue "aérienne" de 1848 ,avec la pompe à feu et le "pont de gêne" |
Le système de distribution ne fonctionne pas comme prévu : la pompe à feu manque de puissance et n'est guère fiable, elle enfume le voisinage, et la couverture du réseau de distribution est insuffisante : les hospices, la caserne et quelques établissements sont alimentés, tandis que des quartiers entiers doivent continuer à utiliser des puits . En 1842, on étend le réseau : vingt bornes fontaines sont installées, mais une grande partie de la ville (y compris l'abattoir) ne sont toujours pas raccordés. L'eau, pompée en aval des bateaux-lavoirs et au confluent avec la Nièvre, véritable égout à ciel ouvert, est de mauvaise qualité bactériologique. Boueuse en hiver, trop chaude en été, elle souffre d'une épuration rudimentaire. Les bourgeois qui utilisent cette eau ont en général chez eux un système de filtres à charbon individuel pour au moins assurer la "transparence" de l'eau servie à table.
En 1849 on se met en tête de venir chercher l'eau des fontaines de Veninges et des Bouillons (rue de l'Aiguillon ). Les eaux de sources sont réputées meilleures que celle du fleuve, mais leur débit a été surestimé par les ingénieurs, et elles sont elles-mêmes polluées par les déjections des élevages : il faut donc continuer à utiliser la vieille pompe de Loire du quai de Médine. qui n'a pas pour autant été abandonnée... Les microbes de toutes sortes se déchainent, surtout lors des épidémies de choléra de 1834, 1849 et 1884. Il faut attendre la toute fin du 19ème siècle ( à Paris en 1887 ) et les travaux de microbiologie de Pasteur et de ses homologues établissant officiellement chez les "décideurs" le lien entre les maladies comme le choléra ou la fièvre typhoïde et l'infection bactérienne des eaux, et non pas avec les "miasmes aériens"
ou les "changements de vents". Seuls les bourgeois aisés disposants de systèmes domestiqques de filtrage à charbon échappent en partie aux épidémies.
A partir de 1851 , à l'arrivée du Chemin de Fer à Nevers, la ville prête la pompe à feu à la Compagnie du Chemin de fer du Centre (puis au P.L.M) ,qui s'engage à vendre toute l'eau nécessaire à la ville (jusqu'à 500 m3) au prix de 9 c. le m3. En 1859 le P.L.M. construira ses propres installations en pompant l'eau directement dans la Loire au niveau du viaduc, rive droite.
En 1857, la ville décide de réaliser de nouvelles installations. Le réseau comprend alors seulement 4 kilomètres de tuyauterie dont 1km de tuyaux fonte de 13.5 cm , 2000M de 7,5cm et le reste en tuyaux de plomb de 4 et 3 cm.
En 1860, une usine élévatoire à vapeur deux fois plus puissante est mise en service sur la rive gauche de la Loire au Plateau de la Bonne -Dame, à l'abri de la digue construite après la crue de 1856.
L'eau pompée dans un filtre est projetée dans un tuyau qui traverse le pont de Loire, les rues Saint-Genest, du Midi, de la Gare, et parvient enfin au réservoir Saint-Gildard, qui reçoit également les eaux de la source Jeunot.
Un autre réservoir, celui du Carrefour est alimenté par la source de Veninges.
L'eau pompée dans un filtre est projetée dans un tuyau qui traverse le pont de Loire, les rues Saint-Genest, du Midi, de la Gare, et parvient enfin au réservoir Saint-Gildard, qui reçoit également les eaux de la source Jeunot.
Un autre réservoir, celui du Carrefour est alimenté par la source de Veninges.
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L'emplacement de l'usine élévatoire sur un plan de 1874 |
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et sur un plan de 1890 |
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on aperçoit l'usine à droite sur cette vue du début du XXème siècle |
Cloche filtrante installée dans les bancs de sable. |
A cent cinquante mètres au-dessous du pont de Loire dans le banc de sable qui longe la digue, sur une base en maçonnerie solide, posée sur le fond rocheux on a construit un cylindre en fonte percé de
trous, à sommet en coupole de cinq mètres de diamètre encore visible aujourd'hui ( le niveau du sable ayant entre temps baissé de environ 1,5m). L'appareil est enveloppé d'un manchon de gros cailloux, puis d'un second de gros
gravier, puis d'un autre de graviers fins, et le tout se trouve immergé dans le banc de sable. Les cailloux retiennent le gros gravier, celui-ci
le gravier moyen, ce dernier empêchant la pénétration des sables fins, et c'est à travers ces couches multiples que se fait la filtration de l'eau.
Le réservoir Saint-Gildard |
De l'usine élévatoire, arrêtée en 1922, ne subsiste que ce modeste bâtiment. ( la résidence du gardien). Pour se faire une idée de l'usine dans son ensemble, on peut se référer à quelques cartes postales où elle apparait en arrière plan.
Toute cette technologie ne permet toutefois pas de fournir l'eau partout et à tous les étages. En 1886, pour augmenter la pression dans le réseau, on projette d'installer une deuxième machine à vapeur, une conduite d'aspiration passant de 20 à 30 cm de diamètre et un réservoir supplémentaire en béton installé aux Montapins, alimenté par une conduite posée dans la lit de la Loire.
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1887: projet de canalisation enfouie dans le lit de la Loire vers le réservoirdes Montapins ( archives de la Nièvre) |
Les travaux estimés à 168 000 francs sont votés par le Conseil municipal, mais ne sont pas entièrement effectués, apparemment en raison d'obstacles contractuels avec le concessionnaire du réseau.
A Nevers, les conduites sont, d'abord, en plomb, en fonte avec
joints de plomb, puis en fer système Chameroy et, après, 1914, en acier.
Les canalisations prévues pour alimenter le réservoir des Montapins sont réalisées selon le procédé Chameroy: de la tole de fer étamée intérieurement est soudée en hélice et recouverte d'une couche de un à deux centimètres de bitume, elle même retenue par une sort de corde enroulée en hélice sur la tôle même du tuyau . Ceci pour l'isoler de la corrosion et de l'abrasion et permettre de la poser directement au sol en limitant les travaux de génie civil . Cette technique est très efficace: des milliers de km de ce type de conduites transportant le gaz et et l'eau sont encore en service en région parisienne dans les années 2000.
Jusqu'en 1910 et la reprise du service en régie municipale directe les eaux restent de mauvaise qualité. Les fontaines de Veninges et de Jeunot (à Urzy à 8 km de Nevers), toujours utilisées, sont infectées par les effluents des étables, et la nouvelle prise d'eau rive gauche est implantée en aval de deux fabriques de gélatine, des bateaux-lavoirs, des égouts de Nevers, ainsi que de l'embouchure de la Nièvre, qui n'est pas plus propre qu'auparavant . Le réseau n'approvisionne que 8000 des 27000 habitants de Nevers.
Les canalisations prévues pour alimenter le réservoir des Montapins sont réalisées selon le procédé Chameroy: de la tole de fer étamée intérieurement est soudée en hélice et recouverte d'une couche de un à deux centimètres de bitume, elle même retenue par une sort de corde enroulée en hélice sur la tôle même du tuyau . Ceci pour l'isoler de la corrosion et de l'abrasion et permettre de la poser directement au sol en limitant les travaux de génie civil . Cette technique est très efficace: des milliers de km de ce type de conduites transportant le gaz et et l'eau sont encore en service en région parisienne dans les années 2000.
Tuyau Chameroy: noter la soudure en hélice caractéristique |
Jusqu'en 1910 et la reprise du service en régie municipale directe les eaux restent de mauvaise qualité. Les fontaines de Veninges et de Jeunot (à Urzy à 8 km de Nevers), toujours utilisées, sont infectées par les effluents des étables, et la nouvelle prise d'eau rive gauche est implantée en aval de deux fabriques de gélatine, des bateaux-lavoirs, des égouts de Nevers, ainsi que de l'embouchure de la Nièvre, qui n'est pas plus propre qu'auparavant . Le réseau n'approvisionne que 8000 des 27000 habitants de Nevers.
Et jusqu'à cette date il est impossible d'imposer aux usagers l'installation de compteurs ainsi qu'une facturation au mètre cube consommé.
Il faudra attendre l'installation des zones de pompage du Peuplier Seul et surtout l'amélioration progressive des procédés d'épuration (d'abord par javellisation) pour avoir à Nevers une eau à peu près saine.
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