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samedi 7 octobre 2023

Murgers

 

La ferme des Murgers en 1925



 Le domaine des Murgers, actuellement sur la Commune de Varennes-Vauzelles,est propriété de l'Hôtel-Dieu de Nevers  depuis 1598 , et atteint sa surface maximum à la fin du 18ème siècle, avec 128ha de terres plus quelques vignes . Les terres sont  "louées"  à des fermiers  qui s'acquittent de leur loyers essentiellement sous forme de produits agricoles.


  

 A partir du 19ème siècle,  le domaine des Murgers est progressivement  grignoté . En 1858,  puis 1862, le réseau du P.L.M. achète  un peu plus de 4 ha pour y construire les lignes de chemin de fer  Nevers- Moret  (via la Charité, Gien, et Montargis)   et Nevers-Auxerre ( via Clamecy) .

 En 1920 la CGPEM - les ateliers de Vauzelles-  en achètent 3 ha pour y  construire une partie de la cité cheminote du PLM. Puis 8ha sont vendus en 1934  comme part du terrain de l'aéroport de la Sangsue.

  En 1939 le Ministère de l'air réquisitionne puis achète en 1942  via les Ponts et Chaussées les 15ha du site de la    Centrale N.

 La ferme des Murgers à servi au début de la guerre de 39-45 de lieu d'internement  pour les étrangers "ennemis" originaires  surtout d'Allemagne  et d'Autriche .  Selon certaines sources  l'écrivain et philosophe Walter Benjamin y aurait séjourné  entre  début septembre 1939  et 23 novembre dans des conditions précaires.

   En 1943, 16ha sont ensuite distraits de l'ensemble pour y installer le  nouveau cimetière de l'Aiguillon. 
    Un artisan boucher  devient propriétaire des 59ha de la zone dite "du Domaine" ou "de la Réserve" en 1957, et les propriétaires actuels , la famille de Coligny se rendent acquéreurs  en 1959 de la dernière parcelle d'une surface de 20ha appartenant encore à l'Hôtel-Dieu ( devenu entre-temps l'Hôpital) de Nevers, celle dite "du Château", dont ils étaient déjà les fermiers. 

de nos jours



jeudi 23 septembre 2021

Mobilisation

 


  Du 23 septembre au 6 octobre 1938 la "crise des Sudètes" est provoquée par la demande d'Hitler d'annexer au Reich cette région de la Tchécoslovaque peuplée majoritairement de germanophones.  

 L'armée Française est partiellement mobilisée et rappelle un partie de ses réservistes. Sur cette photo d'époque, prise à la caserne Pittié devant le monument aux morts de la guerre de 14-18, on voit au deuxième plan les recrues en tenues civiles et alignement approximatif. 

 Cette crise débouche sur la signature des "accords de Munich" : Hitler obtient ce qu'il voulait et le conflit est évité.

  Ce n'est malheureusement que partie remise : en septembre de l'année suivante l'invasion de la Pologne par les troupes allemandes provoque l'entrée en guerre de la France et le début de la Deuxième guerre mondiale.

samedi 3 avril 2021

Eustache, épouse Le Mallier




  Le 1er Aout 1934 parait dans la rubrique mondaine du  Figaro l'article suivant:

 "En l'église de Marzy (Nièvre), a été célébré, le 25 juillet,( ndr: le jour de la Saint -Christophe) le mariage de M. Maurice Le Mallier, fils ,de M. André Le Mallier, ministre plénipotentiaire, officier de la Légion d'honneur, et de Mme André Le Mallier, née Duval, 'avec Mlle Denise Eustache, fille.de.M. Robert Eustache et de Madame. née Crawshay. La bénédiction nuptiale a été donnée aux jeunes époux par l'abbé Masson, curé de la paroisse, qui a prononcé une très belle allocution. Les témoins étaient, pour la mariée, Mme William Saint-Clair, sa tante, et M. Henri Talabot, son cousin. Pour le marié la marquise de Roquefeuil et le lieutenant-colonel Horace Piaggio, officier de la Légion d'honneur, croix de guerre. Une très brillante réception eut lieu au château de Chasnay, après la cérémonie religieuse."

  Les Le Mallier, qui ont aujourd'hui une place et une salle du musée municipal de Marzy  à leur nom, deviennent par cette alliance  propriétaires de château de Chasnay.  (Denise Eustache est une descendante des Dufaud, anciens propriétaires  des aciéries de Fourchambault). Le marié a 30 ans, il  est "artiste peintre".

illustration de Maurice Le Mallier pour une revue mondaine en 1930



    C'est semble-t-il  en fait un fils-à-papa oisif qui, bien aidé par la fortune familiale,  trafique plus ou moins dans les  mondanités parisiennes, tandis que sa femme  reste à Marzy . Il n'a pas laissé d'oeuvre  notable à la postérité.. .    

1935 , la Renault Nerva 8 cylindres  du fils Le Mallier.


   Il a par contre été le protagoniste de deux affaires judiciaires notables. 

  Le 4 février  1938 , un bijou constitué d'une grosse émeraude de 140 carats entourée de dix-huit rubis et brillants, et valant près de deux millions  de francs de l'époque disparait de l'hôtel particulier de  la  comtesse  de Merschoff. La pièce  a appartenu au duc de Brunswick et la comtesse de Merschoff , une ancienne  dame d'honneur de l'impératrice Alexandra de Russie,  le considère comme un  porte-bonheur. —   La comtesse est âgée de plus de quatre-vingt-dix ans, et elle tombe malade . Pour faciliter sa guérison, elle fait placer  l'émeraude porte-bonheur sur sa table de chevet. Mais le 4 février le bijou s'est envolé ! Victime à la fois de la maladie et du choc émotionnel, la  vieille dame décède....
  L'enquête de Police ne traine pas.  Au bout d'une semaine on arrête la dame de compagnie de la comtesse,  Mme Florine Francken, 29 ans,  qui reconnait  le vol. Elle déclare avoir immédiatement confié le joyaux  à notre ami peintre  Maurice Le Mallier,  à qui elle a déjà servi de modèle... et peut être même plus. Le lendemain,  Le Mallier  s'envole pour Londres , où il liquide sept des brillants et trois  rubis chez un bijoutier de la City  pour  115 livres . Le Mallier   est appréhendé à Paris et, sur ses indications,  les autres pierres, dont la fameuse émeraude, sont découvertes au domicile pârisien de ses parents, 79, avenue de Villiers dans le 17ème arrondissement, cachées sous une pendule,.  Le Mallier restitue  les 115 livres. Il explique  que son amie Florine Francken,  se disant  la filleule de la comtesse, lui a confié le joyau pour le vendre..  
 
 L'affaire est jugée  devant  la 8ème  chambre correctionnelle, pour vol et recel.

 Florine Francken  continue à déclarer devant le tribunal qu'elle n'avait jamais eu en sa possession l'émeraude. -Pourquoi avez-vous caché cette émeraude dans une pendulette ? demande le président  à Le Mallier.  C'était, répond le peintre, pour ne pas compromettre Florine quand j'ai compris qu'elle avait dérobé le bijou.
 Marié et père de famille, Maurice Le Mallier, artiste peintre, possède une confortable aisance financière.  Il connait Florine depuis plus de 15 ans. Selon les parents Le Mallier, celle-ci ne cesse de lui demander de l'argent et, plusieurs fois, ses exigences auraient poussé le peintre à des crises de désespoir, qui laissent croire à ses proches  qu'il va attenter à sa vie. Il vit, assure sa famille, dans une crainte continuelle de cette femme qu'il ne veut  pas abandonner, et que, par pure  bonté d' âme, il a régulièrement sauvée  de situations délicates.
   Après réquisitoire et plaidoiries, le président  Roux rend son  jugement:  le vol du pendentif a été commis par Mme Francken, qui, cependant, en raison de son état de santé  (elle est connue pour son comportement  très excentrique et certains doutent même de son intégrité mentale)  et de sa détention, a droit aux circonstances atténuantes . Florine Francken est condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis et 100 francs d'amende. Le Mallier -fils de bonne famille- est acquitté, on considère  qu'il a de bonne foi cru  l'histoire de Mme Francken.
  Aux héritiers de la Comtesse , parties civiles, on rend  l'émeraude et les 115 livres provenant de la vente des diamants, plus 8.000 francs de dommages-intérêts.

 La deuxième affaire, celle de 1944, est plus tragique
  En pleine guerre, le père Le Mallier, 71, ans, ancien fonctionnaire et ambassadeur, notamment en Amérique du Sud, officier de la légion d'honneur,  doit passer devant le tribunal correctionnel pour une affaire d'attentat aux  moeurs. Malgré toutes les démarches , les jeux d'influence, et les dénégations de l'intéressé,  l'affaire ne peut être étouffée. C'est le déshonneur qui attend toute cette famille respectable de la bourgeoisie locale. 

   On tient donc un conseil de famille avec l'ex-ambassadeur pour décider de la conduite à tenir. La conclusion tombe: pour échapper au procès, M. Le Mallier père doit se suicider. Le jour prévu, le 4 avril 1944, M. le Mallier père et son fils Maurice, dont le public  se souvient encore à cause de l'histoire de l'émeraude volée, se rendent dans une ferme du parc de leur manoir de Chasnay à Marzy . Le père, revolver en main, fait ses adieux à son fils, et pénètre dans un bosquet revolver à la main. A peu de distance, le fils doit attendre le coup de feu salvateur.

le chateau du Chasnay au milieu du XXème siècle

  Quelques heures plus tard les gendarmes de Fourchambault sont alertés: dans un fourré du parc du Chasnay,  on a trouvé le corps  de M. le ministre plénipotentiaire Le Mallier,  L'adjudant de service fait les constatations préliminaires: le corps à reçu au moins deux balles et  l'arme est introuvable. Puis le juge d'instruction Fonvielle , du parquet de Nevers, au vu de l'importance du défunt, dépêche sur place le capitaine de Gendarmerie Pierre et  deux médecins qui examinent le corps. Et là, les  praticiens sont formels: la position et le nombre des  balles est incompatible avec un suicide.   M. Le Mallier père ne s'est pas tué, on l'a tué. On interroge alors le fils, qui semble avoir été le seul présent à proximité des lieux. Il affirme d'abord qu'il n'a rien à voir avec la mort de son père, puis, devant l'insistance des gendarmes,  finit par déclarer en substance : « Mon père, pour éviter le déshonneur dans la famille, voulait se tuer, mais il ne put y parvenir malgré deux essais, par suite du mauvais fonctionnement du revolver, ou de son état nerveux . Il m'a prié de lui rendre le service de le tuer et je lui ai obéi. » au moment d'être emmené, Maurice le Mallier tente de s'empoisonner avec des capsules de gardénal, et doit être emmené  à l'hôpital de Nevers.
 Jugé en cours d'assises à Nevers, Maurice le Mallier est condamné à 5 ans de prison .
 Le jugement ayant été cassé,  il est rejugé par la cour d'assises de Bourges en 1945, qui confirme la sentence. Il est libéré fin 1948.

jeudi 16 novembre 2017

Tête en l'air



  Le 16 novembre 1938, Jules  LEONARDON, 87 ans  réalise son rêve: voler sur un plus lourd que l'air ( un avion Caudron C270 de Nevers) . A son atterrissage, il n'est pas entièrement satisfait de l'expérience, et demande au pilote pourquoi il n'a pas effectué de looping...

vendredi 15 janvier 2016

Cathédrale 1938


 En 1938, l'état des voutes du déambulatoire laissait un peu à désirer....