dimanche 5 avril 2015

Ranvier et Cie, une histoire de famille.

  Paul Ranvier est né en 1849 à Charly, dans le Cher.
  Un de ses cousins  Gabriel Ranvier sera maire du 20ème à Paris et un des instigateurs de la Commune.
Au sortir de la guerre de 1870, pour trouver le travail qui manque dans le Cher, il déménage dans la Nièvre où il se marie avec Madeleine en 1873. D'abord ouvrier dans une forge hydraulique établie dans un moulin sur la rivière Colâtre,  il devient employé d'un forgeron. Constatant que ses capacités physiques et techniques valent bien celles de son patron, il  décide de s'établir à son compte et crée un atelier dans le hameux des Bruyères Radon, juste en face de son domicile.



  Il fait orner la façade de la forge d'un bas relief représentant ses 3 activités principales: une bêche ( les outils) des clés ( la serrurerie) et, bien entendu, un fer à cheval. (unsymbole  heureusement sauvé d'une rénovation potentiellement  destructrice  par un maçon ... intelligent)


La famille finira  par s'établir dans l'ancien atelier,(un temps occupé par un bureau de tabac) . La maréchalerie étant elle-même déplacée dans un appentis construit  sur la droite de la maison.



   Son fils René, né en 1887, lui succède.
   Pendant la guerre de 14-18, la profession de René  Ranvier lui vaudra d'être réquisitionné pour fabriquer  les fers des chevaux de l'armée, et  lui évitera d'aller au front.
   Le père, Paul Ranvier, décède en 1935.
   Après la guerre de 14, faute de chevaux , René Ranvier se reconvertit dans la serrurerie , puis le machinisme agrigole  et fait agrandir l'atelier avec l'aide de son frère.





  Pendant la seconde guerre mondiale, René Ranvier  participe activement à la résistance . Son atelier est une des nombreuses caches d'armes  du Maquis "Napo"  (pour Napoléon, un groupe de maquisards dirigé par ... Courvoisier-comme le Cognac- un personnage controversé de la Résistance) .
 Dénoncé en 1943, il est arrêté et envoyé vers le camp de Buchenwald, d'où il ne reviendra pas.
 Une  stèle érigée sur le route de Chevenon à Magny Cours rappelle son souvenir et celui de ses camarades.


 C'est son fils, Guy Ranvier  (87 ans),  plombier et serrurier dans l'atelier familial pendant plus de 40 ans, qui m'a raconté  ces morceaux d'histoire familiale...au lieu ,comme beaucoup, de grogner, sortir le chien ou le fusil  à l'arrivée d'un photographe inconnu....



   Il faut dire que ,engagé lui même  à 15 ans dans le maquis en aout 1943,..il en a vu d'autres!


1 commentaire: